Emma Tréand, une sportive de haut niveau à seulement 16 ans

En écho de la deuxième édition de "Sport Féminin Toujours", Villages FM a choisi d’interviewer Emma Tréand, 16 ans, médaille de bronze de saut à ski par équipe aux Jeux Olympiques de la Jeunesse 2020...

 2014 : ses débuts sur les tremplins de Chaux-Neuve 

D’abord fondiste par loisir, Emma, originaire de Vaux-et-Chantegrue, a eu l’occasion d’essayer le saut à ski sur l’un des tremplins de la station de ski de Chaux-Neuve. Pour elle, c’est une véritable illumination.
Aujourd’hui athlète de combiné nordique, elle s’est essayée en compétition lors de critériums régionaux avant de participer à des Alpen Cup dès 2017.
En 2019, elle marque l’histoire du ski en devenant la première championne de France « élites » de l’histoire en combiné nordique.

Un baccalauréat compliqué pour les sportifs de haut niveau

Née en 2003, Emma est en pleine période de baccalauréat. Les premières épreuves du fameux diplôme commencent en février.
Les Jeux Olympiques de la Jeunesse ne l’ont pas aidée dans ses révisions puisqu’elle a manqué une quinzaine de jours de cours : « ce n’est pas facile, c’est en plein milieu de saison… il n’y a pas que les Jeux comme compétition et je risque de rater d’autres jours d’école ». En section sportive au lycée Victor Bérard à Morez, elle bénéficie pourtant d’une année scolaire aménagée… elle s’entraîne ainsi le mardi matin, le mercredi après-midi, le jeudi matin et le samedi, sans oublier les autres sports qu’elle cumule pour garder la forme : course, ski, vélo…

 

Le combiné nordique, un sport peu ouvert aux femmes

Très discrète, il a été difficile pour Emma de s’entraîner avec des garçons. Seule fille pratiquant le combiné nordique dans son club de l’Olympic Mont d’Or, elle s’exerce aujourd’hui avec l’équipe du massif jurassien, regroupant les meilleurs sportifs du ski sous toutes ses formes. « Au début, j’étais très timide… maintenant, ça va mieux ! » : Emma a eu droit à quelques remarques telles que « les filles sont moins fortes que les garçons ». Depuis sa médaille de bronze aux Jeux Olympiques de la Jeunesse par équipe, les critiques se dissipent et les compliments se multiplient.

Ce n’est qu’en 2016 que l’épreuve féminine de combiné nordique a été reconnue comme une discipline internationale. Emma n’attend désormais qu’une seule chose : l’ouverture de la compétition de combiné nordique aux femmes pour les Jeux Olympiques, en discussion pour les Jeux de Milan et Cortina d'Ampezzo 2026. Mais elle s’estime déjà heureuse « la Coupe du Monde de combiné nordique féminin débarque enfin, 100 ans après celle des hommes ».

 

Une première médaille aux Jeux Olympiques

L’équipe de France ne partait pourtant pas favorite pour ces JOJ. Alors que Joséphine, Marco, Valentin et Emma y croyaient et comptaient se surpasser, ce podium reste une grande surprise pour tous. Emma offre à son équipe un score de 71m.
Pour elle, pas de pression pour la suite des compétitions : c’est même plutôt une libération, et une façon de faire connaître le sport qu’est le combiné nordique : « il n’y a pas que le biathlon, le saut est là, le combiné nordique n’est pas à la rue et ça me motive à en faire plus ! ».

Des projets plein la tête 

Considérée comme une sportive de haut niveau depuis près d’un an, Emma projette de se lancer dans les continentales, c’est-à-dire les coupes du monde B.
Elle espère d’abord pouvoir atteindre le top 10 des prochains mondiaux junior à Oberwiesenthal.

Du point de vue des études, elle s’engage d’abord à obtenir son baccalauréat. Elle envisage ensuite des études de médecine, afin de devenir ostéopathe ou kinésithérapeute.

Quelques conseils… 

Emma tranche net. Pour elle, vous devez essayer le saut à ski si ce n’est pas déjà fait : « on n’a rien à perdre, au moins on peut dire qu’on a sauté un tremplin ».
Même si l’adrénaline est immense, c’est celle-ci qui pousse la jeune skieuse à continuer l’aventure dans le combiné nordique. A Chaux-Neuve, les premiers tremplins pour s’essayer au saut à ski font 5 mètres, tout le monde peut le faire. Ensuite, il y a de plus grandes hauteurs : 10 mètres, 30 mètres… Elle ajoute même qu’il faut « s’essayer dès son plus jeune âge, vers 7-8 ans, avant que la peur inconsciente s’installe ».

Enfin, Emma et sa maman souhaitaient faire un clin d’œil à Nicolas Martin, coach de l’équipe féminine des sports à ski qui a cru en Emma, qui croient en ses féminines et qui se donne à 200% pour leur progression chaque jour.