La ville de Besançon toujours embourbée dans la terre des Vaîtes par l’absence d’une vraie prise de décision politique. Un « soulèvement de la Terre » à lieu ce samedi.

Comme un cri du cœur qui résonne, les Vaîtes à Besançon collaborent avec les Lentillères de Dijon pour une action baptisée le "Soulèvement de la Terre". Adjoint par quelque soixante-cinq signataires, cet appel du 27 mars a commencé dès 11h sur la place de la Révolution à Besançon...

Les participants feront cortège jusqu'au site des Vaîtes où s'ensuivra un après-midi festif pour sensibiliser le public au maraîchage. Quarante organisations et vingt-cinq fermes locales ont co-signé l'appel qui s'inscrit dans le cadre de la manifestation nationale "Les soulèvements de la Terre" organisée de mars à juin 2021 en France.

À la périphérie comme dans plusieurs villes en France, désormais, la demande montante de sauvegarder les zones arables change petit à petit la donne de projets routiers ou immobiliers. Vouloir freiner l'artificialisation des terres n'est plus marginal et traduit un besoin conscientisé d'une qualité de vie authentique. Cela s'oppose à la voracité de l'urbanisme. À Besançon et Dijon, la dichotomie entre promoteurs et protecteurs terriens demeure de longues dates sur respectivement les secteurs des Vaîtes et des Lentillères. Aujourd'hui il semble admis que lorsque l'on évoque les Vaîtes, il ne s'agit moins de l'arrivée d'une surcharge d'habitations que d'un cadre maraîcher fertile et épanouissant. 

Il serait certes rébarbatif de rappeler les assauts technocratiques déjà affrontés attestant que rien n'est jamais acquis. Mais la lutte se fait valoir et évolue. Sur le terrain, les activités étayent ce que les pro-bétons jugent utopique. Machinalement, on pouvait penser que les sentinelles des Vaîtes avaient hiberné tout l'hiver, comme congelé dans la saison. Non, ils n'étaient qu'à l'abri des regards pour faire éclore au printemps de nouvelles moutures de leurs idéaux. Entre la construction de la Vigie et l'à-présent, des artefacts ont émergé et sont à promouvoir : il existe désormais une bière blonde produite entièrement par l'association Jardins des Vaîtes. Elle s'appelle La Buvaîtes ; également un livre dédié (Jardins des Vaîtes une lutte pour le vivant à Besançon) est paru. Un bel objet préfacé.

Fort de son espace attirant, la zone bisontine à protéger n'a cesse de rallier à sa cause, et par la voix de l'association Jardins des Vaîtes, de trouver des portes d'entrée aux manifestations inclusives où les revendications sont plurielles. Par exemple ses dernières apparitions en date, le 6 mars sur le rassemblement liminaire à la Journée des droits des femmes. Puis le 19 mars lors de la marche pour le climat.

Cette fois les Vaîtes élargissent leur focale et veulent unir les forces concernées par des problématiques collatérales. Elles espèrent à terme impulser une dynamique nationale. Si de leur côté les Lentillères sont parvenues à évacuer la menace d'être recouvertes par un éco-quartier, celles-ci vont mettre leur victoire à profit de la manifestation de ce 27 mars. Leur expérience se veut être un modèle pour les Vaîtes qui savent aussi donner le change aux amis dijonnais. La sororité des luttes n'empêche toutefois pas l'ancrage territorial de chacune, avec des caractéristiques propres à la localité. Pourtant les enjeux communs demeurent.

Fred D Rico, reporter en immersion 

 

 

 

ARCHIVE : 

REPORTAGE AU COEUR DES VAÎTES

(LES VAÎTES) UN COLLECTIF DE SIGNATAIRES S'OPPOSE À UNE ÉVACUATION VIOLENTE DU SITE

BESANÇON - LE SITE DES VAÎTES ILLÉGALEMENT OCCUPÉ PAR DES MILITANTS D’EXTRÊME GAUCHE ET DES ÉCOLOGISTES EXTRÉMISTES

 

 

le 27 mars, 2021
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