MÉLENCHON EN CAMPAGNE À LA CAMPAGNE

Jean-Luc Mélenchon était de passage, le temps d'une journée, le 2 octobre dernier en terre du Haut-Doubs. Sous forme de parcours immersif entre Maison-du-Bois, Villers-le-Lac et le Saut du Doubs, il venait y mettre en exergue les méfaits de la sécheresse avec une façon d'explorer les thèmes liés à l'eau. Dans son sillage, le territoire le rappelait à ses bons souvenirs de jeunesse lorsqu’il était étudiant à Besançon...

 

La sécheresse n'est pas un épiphénomène, mais une résultante récurrente.
La rivière du Doubs en est un marqueur. Et plus encore, chaque été, Villers-le-Lac dans le Haut-Doubs attire les regards, étant au centre d'une désolation climatique parfois dantesque.
C'est dans ce contexte que Jean-Luc Mélenchon y est venu constater les traces d'un manque de précipitations. Ce jour-là pourtant, étrangement, la météo aspirait à l'humidité. Ainsi, lorsqu'un participant local dressa à Jean-Luc Mélenchon un macro bilan forestier, une certaine candeur fit dire au président du mouvement La France Insoumise (LFI) que l'agonie des résineux, chers à la Franche-Comté, le surprenait.
En effet, là, sur le chemin qui menait au Saut du Doubs sous une température contradictoire, rien ne montrait d'extinction prophétique. Ce n'est pas dans une végétation plutôt joyeuse qu'elle se dissimulerait. La ravissante verdure est l'arbre qui cache la forêt souffreteuse. En revanche, à Villers-le-Lac comme au Saut, la flore lacustre n'est plus cachée par l'eau.

La présence de Jean-Luc Mélenchon aura eu un sens vertueux, mettre le doigt là où le dérèglement climatique fait mal. A titre d'exemple, c'était le moment liminaire d'une symbolisation des problématiques de l'eau. La France Insoumise veut en faire la nouvelle pierre angulaire de ses combats n'ayant la crainte de bousculer les intérêts privés. "La conscience du problème de l'eau est assez transversale" expliquait Jean-Luc Mélenchon lors du point presse.
Ce dernier entend par là qu'aucune personne, quelle que soit son opinion politique, ne s'accommode d'un Doubs à sec.
De surcroît, "La question de l'eau conditionnera toutes les autres", insiste-t-il avec solennité. Alors les besoins en eau pèseront dans la faisabilité des activités. Mais surtout, Jean-Luc Mélenchon suggère de ne pas rester inertes devant la complexité des choses.

"Puisque l'eau est un bien commun, il faut qu'elle reste une propriété commune".

Les solutions que préconise le charismatique leader de la France Insoumise résident dans la nécessité de planifier, "par des mesures prises pour le long terme avec des étapes de vérification". Les communes doivent être chargées des décisions, afin que tout ne soit pas décidé depuis Paris.

Jean-Luc Mélenchon était en campagne à la campagne si l'on peut dire. Et il l'assume très bien : "le programme des Insoumis, intitulé « L'avenir en commun", a pris du temps et de l'énergie pour se créer", assure-t-il. Mais il faut aussi du temps et de l'énergie pour le faire connaître. Pour cela, Jean-Luc Mélenchon "ne cesse d'être en campagne [politique], d'aller et venir", comme il dit.
Ses échanges sur le terrain ont pour but de faire émerger "des problèmes sur lesquels la discussion est compliquée". Des problèmes tels que celui de l'eau dont il préfère davantage parler que "de savoir si on va s'allier avec les verdâtres, les rougeâtres et les roses", s'agace-t-il auprès de nos confrères journalistes.

Fred D Rico

 

le 01 octobre, 2020
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