Napoléon Coste, virtuose de la guitare et le plus grand compositeur français du XIXe siècle

Jean-François Coste est né en 1754 à Cléron (Doubs) et son épouse Anne-Pierrette Deneria en 1766 à Besançon. Il était un ancien officier de l’armée napoléonienne qui s’est blessé au cours de son service militaire. Il s’est installé à Amondans pour sa convalescence en 1802. Le 27 juin 1805, leur fils Napoléon Coste naît à Amondans…

Les registres d’Amondans sont conservés aux Archives départementales du Doubs. Une inscription sur «L’ange de la République, le huit messidor», signée par Jean-François Coste qui était également maire d’Amondans, (suite au décès de Jean-Baptiste Roncet en 1803) rapporte la naissance d’un fils, né à midi ce jour-là et baptisé Claude Antoine Jean George Napoléon, en hommage à Napoléon Bonaparte.


La date de naissance de l’enfant, «l’ange de la République, le huit messidor», se traduit par usage moderne comme le 27 juin 1805 et non en 1806 comme il est souvent mentionné dans les ouvrages. Son père rêva d’une carrière militaire pour son fils, mais ce dernier avait une santé fragile. Bonne guitariste amateur, la mère de Napoléon lui donna ses premières leçons et exerça une influence décisive sur l’avenir de celui-ci. En 1809, la famille s’installa à Ornans, dans le département du Doubs, puis en 1815, à la retraite du père, à Valenciennes dans le Nord. 

Il commença sa carrière de musicien à l’âge de 18 ans à Valenciennes, mais le Paris des années 1830 l’attire davantage que des succès faciles dans une ville de province du Nord. Il trouva une maison dans le faubourg Saint-Martin, il fit la connaissance de Carulli, Aguado et Carcassi, tous trois guitaristes de renom, et il prit des leçons chez le plus prestigieux guitariste de l’époque, Fernando Sor. Les leçons du maître étaient complétées par l’étude de l’harmonie et du contrepoint. Napoléon Coste ne fut pas uniquement le plus grand guitariste virtuose du XIXe siècle, il fut aussi le meilleur compositeur français qui écrivit pour cet instrument.

Mais après 1840, les éditeurs n’avaient plus aucun intérêt pour la guitare et Coste dut faire éditer ses oeuvres à ses propres frais. Il eut hélas la malchance de composer à une époque où les grands interprètes de la guitare avaient disparu et où le piano, l’instrument romantique par excellence avait relégué la guitare au second plan. Tentant de renverser cette situation, Nicolaï Markaroff, un noble russe grand amateur de guitare organisa en 1846 un concours de composition à Bruxelles. Avec sa grande sérénade, opus 30, Coste remporta le premier prix selon certaines sources, le second selon d’autres, avant ou après Johann Kaspar Mertz qui mourut avant la remise des prix.


En 1863, Napoléon Coste dut interrompre brutalement sa carrière de virtuose suite à une chute dans un escalier où il se cassa le bras. Il devint fonctionnaire, mais continua de composer et d’enseigner. Il fut l’un des premiers à transcrire en notation moderne la musique du XVIIe siècle adaptant celleci à la guitare moderne. Afin d’enrichir les possibilités de l’instrument, Coste utilisait une guitare à sept cordes comportant vingt-quatre frettes, cet instrument était d’écrit à l’époque comme curieux et peut-être unique. Il n’écrivit pas de méthode pour la guitare, se contentant de retravailler la méthode de son maître Fernando Sor pour en faire vers 1845, une Méthode complète pour la guitare. Bien que fondamentalement plus romantique, son style de composition demeura fidèle à celui de Sor.


Coste privilégia la forme de la Fantaisie, exécrant l’usage des cordes à vide qu’il jugeait banal et traita la guitare comme un instrument polyphonique complet.


Il a composé 53 numéros d’opus, une partie de sa musique est digne de la considération la plus sérieuse. Une de ces pièces est nommée La Source du Lyson, op. 47 où plutôt Fête villageoise. Il en fait une idylle de pays influencé par le programme musical de Berlioz ou de la symphonie de Beethoven qu’il admirait beaucoup, mais ce n’est pas la seule composition de Coste à avoir des liens avec sa région natale, d’autres sont la Vallée d’Ornans op 17, souvenir du Jura op 44 ; ou l’opus 38, dédié à Mme Marsoudet de Salins, (Napoléon Coste aurait connu son fils en vacances à Nans-Sous-Sainte-Anne). À cette même époque, Gustave Courbet autre artiste célèbre, réalise des peintures à Ornans et à la Source du Lison. Aucun écrit atteste qu’ils se connaissent, mais les dates, et le fait qu’ Ornans était loin d’être un endroit célèbre à cette époque, sont trop proches de Coste pour une coïncidence. Il a dû exister une connexion quelconque entre Coste et Courbet d’autant que Courbet avait indéniablement des intérêts musicaux.

 


Napoléon Coste décéda à Paris le 13 février 1883.

Patrick FRECHARD
Sources : Noël Roncet : Napoléon Coste Compositeur
1805-1883 (48 pages) et Brian Jeffery (1982)

le 24 octobre, 2018
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