Avec le groupe Debout sur le Zinc

 Deux décennies après, avec 2000 concerts au compteur, Debout sur le zinc est toujours sur scène. À l’occasion d’un projet collectif, Debout sur le Zinc est passé par Besançon le 1er mars dernier. Ce concept alternatif entre deux spectacles casse quelque peu la routine du groupe. À L’Antonnoir, café-concert et bar de nuit, Villages FM a rencontré Simon Mimoun, l’emblématique chanteur du groupe...

 

La formule est déjà bien rôdée, sonne couleur locale, et consiste à être sur scène en commun avec un groupe qui assure déjà la première partie en amont. L’idée est née au Café de la Danse à Paris, lorsqu’en décembre dernier Debout sur le Zinc était programmé sur trois dates consécutives. Les membres voulaient des spectacles différents les uns des autres. Le premier concert serait acoustique, les deux suivants allaient être rock et world-music. Le groupe joua des reprises, fit venir des guests, en rapport avec le style. Il s’agissait ensuite de décliner le concept à l’année en d’autres régions de France.

Un vrai partage

En l’occurrence, à Besançon, c’est Tocade que Debout sur le Zinc a invité. Un duo de femmes plurielles à l’audace insolente. C’est à peine deux jours avant la soirée que les deux formations se sont rencontrées physiquement. Elles ont effectué une demi douzaine de morceaux, trois de chaque groupe avant que ne se mâtinent les sets. Le tout sans interruption. La première partie solo de Tocade s’est voulue riche et conséquente. « Ils (les invités du soir) ont leur moment à eux pour exprimer leur musique, tant pis pour ceux qui pensent que les premières parties ne sont pas importantes » ironise Simon.

Mais Debout sur le Zinc ne saurait s’affranchir de ses propres titres, surtout si le public vient pour lui. En revanche, le groupe s’efforce à ce que le partage soit réel, et que cela ajoute des sons à leur musique. «Le moteur est d’avoir un rapport un peu plus cordial avec les groupes de premières parties », confie le musicien. 

«On se sert de la matière du groupe local»

Les Debout sur le Zinc et leur tourneur 3C cherchent à s’appuyer sur des associations qui promeuvent les artistes locaux. Pour Besançon, le choix a été restreint, car actuellement «nous apprenons à mettre en branle ce système-là», argue le chanteur. Cela implique de s’appuyer sur des groupements de salles qui aident les formations sérieuses émergentes. «Ce sont des groupes dont on sent qu’il y a un potentiel de professionnalisation», estime Simon. Dans ce cadre, Debout sur le Zinc a tout intérêt à poser sa pierre à l’édifice : avec plus de deux mille concerts à leur actif, ils ont de l’expérience à donner, un échange à réaliser. Cette formule est aussi du gagnant- gagnant où les groupes locaux apportent une vision interne de ce que produit la musique maintenant.

Peu de temps avant de jouer ensemble les deux groupes se découvrent et doivent se juger sur pièce. Le travail commun ne se passe pas sur une volonté d’adaptation. C’est plutôt de se servir de la matière de l’invité. «Si c’est un groupe qui a beaucoup de choeurs, on arrange des choeurs sur nos morceaux. Et nous, on apporte autre chose à leurs compos», explique Simon. Attestant que les Tocade sont deux excellentes instrumentistes (clarinette, saxo-soprano et flûte et violoncelle) et deux bonnes chanteuses, notre interlocuteur assure que tout est faisable avec elles.

Et pour rendre le refrain de La déclaration : « …et le reste on en reparlera ».

Fred D Rico

le 11 avril, 2018
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