LA FORMULE "3E" des Eurockéennes

Ce jeudi 5 avril les Eurockéennes de Belfort ont présenté la programmation de leur trentième édition par le biais d'une conférence de presse tenue au Cinéma des Quais à Belfort. Le festival aura lieu sur quatre jours, du 5 au 8 juillet. Trois mots résument le travail et la motivation des organisateurs : énergie, engagement, expérience...

 

Si "l'utopie politique" concrétisée par l'association Territoire de Musiques perdure, c'est parce que la programmation s'établit en cohérence avec un langage propre aux Eurocks. Certes, les programmateurs jettent toujours un petit regard sur le passé. Mais ils s'évertuent également à proposer de nombreux artistes qui effectuent leur premier passage ici. Et plus encore. Une dizaine d'artistes présents cette année n'ont publié aucun opus. La découverte se veut être le crédo, même s'il faut bien quelques catalyseurs d'une certaine envergure sur la liste. Les trois programmateurs se lancent chaque fois dans une course à l'échalote pour parvenir à prendre le dernier groupe qui entrera dans "la photographie de ce que représente le paysage musical actuel", selon les propos de Christian Allex, l'un des programmateurs. Annoncer tous les noms tardivement permet d'être réactif, de coller à l'actualité.

La dynamique avec l'œil dans le rétroviseur

Au nom des Eurockéennes de Belfort, le directeur Jean-Paul Roland s'est dit attentif à l'agglomération belfortaine. Il a ainsi récapitulé les opérations périphériques menées par Territoire de musiques. Les projets peuvent permettre de convaincre les élus, de consolider la forteresse afin de pallier à l'arrivée de nouveaux festivals. La problématique nationale du danger potentiel que les émergents pourraient passablement entraîner, semble ne pas affecter l'événement. La fréquentation des dernières éditions Eurockéennes démontre même l'inverse. Une confiance s'instaure. En effet, au 4 avril où seuls quinze noms de la programmation étaient livrés, déjà 45 000 tickets d'entrée ont été vendus. Aussi, l'on avait l'habitude autrefois d'entendre le directeur utiliser le pourcentage d'un public régional pour illustrer l'ancrage territorial. Il préfère à présent afficher le rayonnement terrifortain, en revendiquant 30% de festivaliers issus de l'extérieur. Les retombées économiques locales se portent selon Jean-Paul Roland à 14 millions d'Euros.

Une étude sociologique réalisée par le CNRS, parue il y a environ un an, donne un taux de fidélité aux Eurockéennes de cinq ou six ans. Par contraste, 40% en 2017 y seraient venus pour la première fois. L'ensemble des festivals de France attire de plus en plus de visiteurs nonobstant d'un marché tendu. Jean-Paul Roland se félicite du retour en force d'un public jeune à la presqu'île du Malsaucy depuis quelques éditions. Les moins de vingt ans représentent 25%. Avec une moyenne d'âge de 29 ans et un âge médian de 26 ans, la conjugaison du cycle générationnel et de la longévité des Eurocks élargit le spectre. Les collégiens constituent le béquet d'une démographie dont les familles et les seniors grossissent la foule.

www.eurockeennes.fr

Fred D Rico

(Retrouvez en complément audio notre interview de Jean-Paul Roland sur l'antenne de Villages FM)

le 07 avril, 2018
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