Exposition « Le Génie du Sel : Produire, Innover, Fasciner »

Du 16 mars au 30 septembre 2017, la Grande Saline - Musée du Sel présente « Le Génie du Sel : Produire, Innover, Fasciner », une exposition qui retrace l’épopée du sel chez nos voisins suisses...

Une aventure industrielle qui permet de mieux appréhender toute l’ingéniosité et l’ingénierie déployées pour exploiter cette ressource vitale, d’hier à aujourd’hui. Entrez au cœur d’une chaîne de production qui alimente aussi bien les hommes que les animaux… et les entreprises de demain !

Produire

Quelles que soient les latitudes, l’histoire de l’humanité est marquée par la quête du sel : ce bien de première nécessité est indispensable dans l'alimentation humaine, indépendamment de toute considération concernant la conservation des produits. Du plus concret au plus symbolique, nombreux sont les témoignages de l’importance du sel dans la vie des hommes : de l’invention du salaire (le salarium des soldats romains), en passant par les systèmes d’échange (entre taxes, contrôle et contrebande), ou encore les expressions populaires comme « le sel de la vie » ou «mettre son grain de sel».

En raison de son caractère indispensable à la vie, le sel est une source d’activité et de richesse pour les lieux où cette matière existe. A Salins-les-Bains, c’est au plus profond des entrailles de la terre que naît la roche de sel d’une mer fossilisée, d’où jaillissent par la suite des sources salées : leur présence est à l’origine d’une implantation humaine avérée depuis le Néolithique (vers - 3 400 av. JC) et d’une exploitation ininterrompue jusqu’à nos jours, à travers le thermalisme. De ce gisement, au Moyen-Age, débute l’exploitation helvète du côté des mines de Bex (Valais), associées depuis le XIXème aux Salines du Rhin (dans les environs de Bâle). Afin de répondre aux besoins de la société, ces lieux de production ont cherché à se développer et se moderniser.

Innover

Des marais salants, nous tirons du sel de mer. Dans l’Arc alpo-jurassien, c’est du sel de terre dont il s’agit. Pour le produire, deux procédés, souvent moins connus, existent : le premier (le plus récent), consiste à extraire le sel gemme de la roche, au sein de mines. Le second, traditionnel, consiste à extraire puis évaporer les eaux salées en les chauffant. On retrouve cette production de sel dit «_ignigène » (en latin, ignis signifie le feu) à Salins comme à Riburg et Schweizerhalle.

Au fil du développement de la production, des besoins et des volumes, on développe de nouveaux systèmes opérationnels, toujours plus efficaces. Pour l’extraction, la Suisse réalise des forages devenus aujourd’hui de véritables stations de pompage. Pour l’évaporation, tandis que Salins se contente de déployer des poêles à sel toujours plus grandes, les Salines suisses adoptent une innovation technique majeure : la thermocompression, aujourd’hui encore utilisée et perfectionnée au sein d’une chaîne de production et de diffusion de haute technicité.

L’innovation technologique est l’une des réponses à la dimension essentielle du sel pour les populations, que l’on retrouve de manière plus ou moins évidente dans absolument tous les aspects de notre vie quotidienne : pour ses qualités d’agent de conservation, mais aussi dans ses très nombreux usages dérivés (industriel, agricole, médical, chimique…).  Une omniprésence fascinante !

Fasciner

Le sel est une matière dont l’utilisation ouvre un champ infini de possibles. Mais son exploitation en tant que telle est loin d’être en reste ! L’intelligence humaine a développé des trésors d’ingéniosité et d’ingénierie pour repérer les sources, les exploiter, conditionner et transporter leurs produits… Autant de processus, de techniques, d’équipements, de constructions dont la dimension et les ressorts technologiques peuvent sembler impensables pour un simple cristal de chlorure de sodium… trop souvent perçu aujourd’hui comme un simple condiment.

Les meilleurs exemples de ce décalage sont sans doute les « Saldomes » de Riburg, deux constructions hors norme, semblant tout droit sorties d’un ouvrage de science-fiction. Destinées à contenir une véritable « montagne de sel », elles permettent de dégeler l’ensemble du réseau routier helvète… soit une production annuelle de près de 200 000 tonnes ! Sans compter les chaînes de production transformées par la robotisation, ou encore le plus grand évaporateur d’Europe…

Aujourd’hui, partez à la découverte de cette histoire croisée, entre Suisse et Franche-Comté, en parcourant le réseau « Terra salina » qui emprunte les voies historiques du sel dans l’Arc jurassien !

 

le 27 mars, 2017
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