Affaire Narumi : Le chilien nie, le juge s’explique

Nicolas Zepeda ne serait pas impliqué, selon lui, dans la disparition de Narumi Kurosaki, étudiante japonaise de 21 ans disparu le soir du 4 décembre. Du côté du Chili, le juge en charge de l’affaire ne semble pas convaincu par le dossier du parquet français…

Les rebondissements se suivent mais ne se ressemblent pas. L’histoire de cette affaire, digne d’un polar, s’étoffe de révélations jour après jour. Dernières révélations du moment, la version des faits du suspect principal Nicolas Zepeda Contreras et l’interview exclusive du juge en charge du dossier par France Bleu Besançon. 

 Crédit : Agence One

La version des faits selon le principal suspect

L’information vient de l’AFP est et relayé par le Dauphiné Libéré qui livre le récit troublant du jeune homme de 26 ans.

«Nous nous sommes retrouvés dimanche 4 décembre dans l’après-midi alors qu’elle était chez elle (résidence étudiante sur le campus de la Bouloie). Elle était surprise et en pleurs, nous nous sommes enlacés et je lui ai raconté la raison de mon voyage en Europe ». Après ces retrouvailles, les deux anciens amoureux sont allés dîner dans un restaurant à Ornans. Après avoir achevé leur repas, ils ont décidé de rentrer à l’appartement de l’étudiante à sa demande, pour avoir «des rapports intimes», selon Nicolas Zepeda. Il explique qu’«à cette occasion, Narumi s’est montrée très réceptive et impliquée durant l’acte, ce qui explique ses gémissements prononcés. Une fois l’acte terminé, Narumi s’est sentie terriblement coupable. Elle m’a confié être en couple et a été prise de panique en réalisant qu’elle avait été infidèle». C'est à cette occasion qu’elle lui aurait demandé de partir. Toujours selon Nicolas Zepeda, en voulant sortir du campus, il aurait fait tomber son téléphone portable. En le cherchant, il explique avoir fini par emprunter la sortie de secours au lieu de passer par la porte principale. Après cette infortune et étant « perdu dans mes pensées, j’ai marché vers le centre-ville en attendant que Narumi me contacte à nouveau, ce qui n’est jamais arrivé », conclut-il.

Ces informations expliquent-elles les cris entendus le soir ? Corroborent-elles le départ brusque d’une voiture ? Et surtout sont-elles vraies ? Pour l’instant, nul ne le sait.

L’affaire selon Jorge Dahm, juge en charge de l’affaire au Chili

La correspondante Laurie Fachaux de France Bleu Besançon, a pu rencontrer le juge en charge du dossier de Nicolas Zepeda Contreras. A travers ce témoignage édifiant, le magistrat donne ses explications.

En fin janvier, la Cour suprême du Chili avait rejeté la demande de détention provisoire de Nicolas Zepeda préférant une simple interdiction de sortie du territoire pendant deux mois. Le juge qui a rendu cette décision de justice explique ses motivations à France Bleu : « On accuse ce jeune homme de séquestration et d’homicide. Mais en France, à ce que je sache, jusqu’à présent, le cadavre n’est pas apparu. Et donc si on accuse cette personne d’homicide, il faudrait au moins me donner un indice quant à l'endroit où se trouve le cadavre. Mais ici, on n’a rien de tout ça. Et donc, je trouve l’enquête sur ce délit un peu faible. » Le juge poursuit sur sa lancée : « Qu’une chose soit claire aussi, la France n’a pas encore demandé l’extradition. Il existe juste une demande de détention provisoire parce que la France va demander l'extradition. Le Chili n’a aucun problème pour livrer ses ressortissants, afin qu’ils soient jugés à l’étranger. Et avec la France, nous entretenons de très bonnes relations. Si les pièces fournies par la France sont suffisamment fortes, le plus probable c’est qu’il y ait extradition. Mais si ce sont juste des suppositions, alors là, il faudra évaluer cette hypothèse. »

L’interview est à retrouver en intégralité sur france bleu.

Maxence Cuenot

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le 01 février, 2017
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