L’urgence au bout du fil

Le Centre de Traitement de l’Alerte (CTA) situé sur les hauteurs de Besançon, est le centre opérationnel des sapeurs-pompiers du Doubs. C’est ici que tous les appels d’urgence sont traités…

 

24 heures sur 24, deux équipes d’opérateurs se relaient pour répondre aux besoins de la population du département. Dans une grande salle, vingt-sept opérateurs à l’année ont les yeux rivés devant leurs trois écrans d’ordinateur pour mener à bien leurs missions : traiter les appels téléphoniques et déclencher une intervention si nécessaire. Le logiciel ARTEMIS leur permet d’être opérationnels le plus rapidement possible.

On s’est déjà tous demandé qui était la personne qui nous répondait et comment était traitée notre demande après avoir composé le numéro des sapeurs-pompiers. Point de magie, juste une organisation réglée à la seconde près. Lorsqu’un accident se produit et que l’on tape le 18 ou le 112, notre appel est pris en charge par un opérateur du CTA.

Au cours de la discussion qui s’engage, tout un processus va se dérouler. Comme un interrogatoire, le pompier va poser une série de questions dans cet ordre bien précis : le lieu où nous nous trouvons, la nature de notre demande, notre identité, les premières mesures prises (massages cardiaques), s’il y a la présence d’un quelconque risque (propagation d’un feu par exemple) et pour finir, les conseils à suivre en attendant les secours.

Pendant cet échange téléphonique qui dure en moyenne moins de deux minutes, il faut obligatoirement « mettre en confiance les gens, les guider pour en tirer toutes les informations qui pourront être utilisées par l’équipe d’intervention » explique le Lieutenant Guillaume Gilliot, adjoint au chef de service du CTA. Durant cette prise de renseignements, l’opérateur va remplir tous ces critères dans le logiciel et « biper », engager, l’équipe la plus proche du lieu de l’intervention. Grâce à ARTEMIS, on peut connaître en temps réel le nombre de sapeurs-pompiers professionnels et volontaires disponibles, mais également les différents véhicules engagés ou non.

UN DISPOSITIF FORT
Le CTA est la plateforme d’urgence du département. Elle travaille toujours en étroite collaboration avec le Samu (15) et les forces de l’ordre (17), que représentent la Police et la Gendarmerie. En effet, sur les 500 appels téléphoniques quotidiens, certains ne nécessitent pas obligatoirement le déplacement des sapeurs-pompiers. D’où l’importance d’un tri et d’une prise de décision rapide. Comme le dit Guillaume Gilliot : « Quand on a un doute, on envoie automatiquement une équipe, on ne sait jamais ». Mais rappel à tous les petits plaisantins, déclencher une fausse alerte peut coûter très cher et mobilise des moyens humains et matériels considérables…

Une des principales difficultés, selon le Lieutenant, reste la localisation rapide et précise du requérant. Sans localisation, les secours ne peuvent pas êtres engagés. Aussi, depuis l’été 2016, les sapeurs-pompiers du Doubs utilisent une application mise à disposition par les sapeurs-pompiers du Var et du Morbihan. Elle permet de transmettre vos coordonnées GPS aux sapeurs-pompiers du Doubs. Seule condition : disposer d’un smartphone et d’une connexion data. Mais tout ceci reste dépendant du requérant. C’est pourquoi se développe actuellement avec les opérateurs téléphoniques une plateforme de localisation des appels d’urgence (PFLAU).

Maxence CUENOT

Quelques chiffres…
• 500 : c’est le nombre moyen d’appels/jour
• 90 : nombre moyen d’interventions/jour.
• 250 000 : conversations téléphoniques/an.
• 33 000 : interventions/an.
• Les pics d’appels : 7h30 à 9h, 12h et de 16h30 à 19h.

le 13 février, 2017
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