Affaire Narumi : La Procureure recadre les médias

« Une enquête préliminaire contre X pour violation du secret de l’instruction et recel de violation du secret de l’instruction » a été ouverte mercredi 11 janvier 2017, par la procureure Edwige Roux-Morizot…

Palais de Justice de Besançon

« Je n’ai pas de révélations fracassantes à faire sur l’affaire en cours ». C’est par cette phrase simple et courte que la Procureure a tenu à commencer sa deuxième conférence de presse. C'est dans son bureau et sans la présence des médias nippons (qui ont du patienter) que Edwige Roux-Morizot a tenu une nouvelle allocution. Si la colère se sent, se remarque, elle reste toutefois contenue.  

En effet la magistrate n’accepte plus cette « hémorragie » d’informations, selon ses propres termes, et le fait savoir avec force : « Je tenais seulement à vous informer au regard du déferlement d’éléments parus dans la presse sur l’enquête en cours, de la colère légitime des enquêteurs, du parquet, et des juges d’instructions de voir leur travail mis à mal par ces révélations quotidiennes ». Pour remédier à ces divulgations non-autorisées, la Procureure a décidé « d’ouvrir une enquête préliminaire contre X pour violation du secret de l’instruction et recel de violation du secret de l’instruction. Car en effet si certaines de ces révélations procèdent d’enquêtes parallèles, d’autres relèvent clairement de l’enquête judiciaire. A quoi servent alors les informations de violations du secret de l’instruction, à quoi sert alors le respect que nous devons tous avoir de la présomption d’innocence ? Il ne sera pas dit que le parquet de Besançon soit resté muet face à ces violations flagrantes. Celui ou celle qui a pris la responsabilité de livrer à des journalistes qui ont acceptés de le publier, ce qu’il ou elle savait être des informations totalement confidentielles a pris le risque mesuré et conscient de donner au principal suspect toutes les clefs pour organiser sa défense, a pris le risque mesuré et conscient que si nous ne parvenons pas à retrouver le corps de Narumi, nous ne sachions jamais où il se trouve ». Ainsi, deux services des forces de l'ordre vont être saisis, l'IGPN (plus communément appelé "la Police des Polices") et une brigade de gendarmerie. 

Quelques précisions tout de même

Avare en confidence, la Procureure est tout de même revenue sur quelques éléments du dossier en confirmant notamment que toutes les informations parues dans la presse sont bel et bien vraies.

Concernant le mandat d’arrêt international, la magistrate a souhaité mettre les points sur les i. Elle rappelle que les démarches sont longues, compliquées et difficiles : « Le temps diplomatique et le temps judiciaire ne sont pas tout à fait les mêmes que le temps médiatique, que le mandat d’arrêt international, que la demande d’extradition sont en cours d’acheminement. Il faut transmettre, traduire, prévoir, ce qui pourra être demandé par la justice chilienne. Cela prend le temps qui est nécessaire ». Mais elle semble tout de même confiante sur une prochaine interpellation du suspect : « Nous savons que l’extradition par ce pays de ses nationaux est possible ».

Avec une pointe d’ironie, la Procureure invite le suspect, si ce n’est pas déjà fait, à se livrer à la Police : « Si notre principal suspect est, comme il semble le dire lui-même, innocent de ce dont on l’accuse il est étrange lui qui voyage si facilement, qu’il ne soit pas venu d’ores et déjà s’expliquer devant les autorités françaises plutôt que d’attendre d’être interpellé par celles de son propre pays ».

Par ailleurs, Edwige Roux-Morizot reconnait que les recherches pour retrouver le corps de Narumi « sont toujours très actives partout où nous pouvons penser que ce corps puisse se trouver ». Ce qui ne laisse plus aucun espoir de retrouver la jeune étudiante vivante. Mais elle précise toutefois qu’aucune recherche hors de Franche-Comté n’a été engagée et de lancer un petit rappel en direction des médias : « le droit et la liberté ne peuvent pas tout justifier ».

Par notre reporter sur place Maxence Cuenot

 

Archives Affaire Narumi =

- L'avocat de Nicolas Zepeda nie les accusations françaises

- La justice française rédige un mandat d'extradition
- Une communication mal maîtrisée ?
- La procureure de Besançon s'est exprimée face à la presse

 

le 11 janvier, 2017
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