Le prieuré du Val Sainte-Marie en quelques questions

L'histoire des trappistes de Malans…

 

Qu’est ce que le Val Sainte-Marie ?
C’est un vallon situé à Malans. Ce nom lui a été donné par des moines venus là pour y installer une abbaye. L’acte d’achat des terres que leur cède la commune est signé à Amancey, chez le notaire Cary, le 8 septembre 1834, fête de la Nativité de la Vierge. C’est en raison de cette coïncidence que les moines choisissent ce nom de « Val Sainte-Marie ».

D’où venaient ces moines ?
Les moines sont arrivés à Malans le 11 novembre 1834, venant de l’abbaye de Bellevaux en Haute-Saône via Fribourg puis Géronde dans le Valais suisse.

Pourquoi ce détour ?
En 1830, ces moines sont à Bellevaux où ils viennent de s’intégrer à la Trappe. En effet, l’archevêque de Besançon avait fait venir plusieurs moines de l’Abaye de la Trappe à celle de Bellevaux dont l’avenir inquiétait, car elle n’était occupée que par quelques moines âgés. Quelques jours à peine après l’arrivée de ces trappistes, le monastère est mis à sac lors de la révolution de 1830, par une troupe mal encadrée de villageois des alentours. Les moines s’exilent alors en Suisse jusqu’en 1834.

Comment arrivent-ils à Malans ?
Bien décidés à revenir en France, ils bénéficient toujours de l’appui de l’archevêque de Besançon qui leur cherche une terre d’accueil. Deux sites sont possibles : Scey-sur-Saône et, sur proposition du curé Cuinet d’Amancey, le lieu-dit « Le Roucheret », sur la commune de Malans, finalement retenu pour son isolement et sa grande solitude.

Comment s’installent-ils ?
De Suisse, les religieux arrivent à Malans à pied, attendus et chaleureusement accueillis, par le curé d’Amondans d’abord qui interrompt leur descente sur Malans pour leur offrir un copieux repas. Puis par les habitants du secteur qui leurs apportent des provisions de toutes sortes. Anatoile Garnier leur vend son terrain du Roucheret et la petite maison qu’il y possède. L’écurie est vite transformée en dortoir puis les religieux entreprennent l’agrandissement de la ferme ainsi que la construction d’un moulin et du bâtiment d’accueil (actuelle propriété allemande) où ils se logent dès que possible. Là, ils établissent aussi une chapelle qui recevra les reliques de Saint Pierre de Tarentaise. Bientôt, vers 1838, ils commencent d’élever leur église. D’abord 11, ils sont rapidement 24 puis 36.

Que sont-ils devenus ?
Le prieuré connaît des diffi cultés financières pour assurer la construction de l’abbaye. Celles-ci entraînent d’autres difficultés avec le chapitre général qui semble ne plus croire à l’aboutissement des efforts entrepris. Or depuis 1844, le diocèse est propriétaire de l’abbaye de la Grâce-Dieu, sise sur les bords de l’Audeux, à Chauxles- Passavant, et le pape Pie IX autorise, en 1848, l’érection du prieuré du Val Sainte- Marie en abbaye à condition que celle-ci s’installe à la Grâce-Dieu. Les moines quittent donc le Roucheret pour leur nouvelle abbaye en août 1849. En 1861, l’ordre rachète, pour les restaurer, les bâtiments de la célèbre abbaye de Tamié (Savoie) fondée par Saint Pierre de Tarentaise ; une partie des moines de la Grâce-Dieu s’y installent
alors avant que toute la communauté ne les rejoigne en 1909, après la vente de ses bâtiments. Certaines pièces de mobilier du Val Sainte-Marie se trouvent aujourd’hui à Tamié.

Claude Barbier
www.malanscity.fr

le 01 février, 2017
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