Le château de Montmahoux

Hervé Perton, auteur des monographies Le plateau de Montrond autrefois, et Le plateau d’Amancey autrefois (à paraître en juin 2017) nous relate l’histoire du château de Montmahoux...

 

Si la forteresse de Montmahoux est incontestablement la plus haute perchée sur le plateau d’Amancey, et la plus puissante militairement avec celle de Scey durant le Bas Moyen-Âge, elle est malheureusement la moins bien conservée. Le visiteur épris d’architecture féodale aura besoin de beaucoup, mais alors beaucoup d’imagination pour comprendre la grandeur de l’édifice d’antan ! Il ne reste en effet aujourd’hui que quelques fragments empierrés et les traces des fossés de défense, bien insuffisants pour illustrer l’importance passée de la forteresse.

Le village de Montmahoux n’existe pas avant le XIIIe siècle. Jean Ier de Chalon, alors comte (mais aussi entre autre titres, seigneur de Salins), décide de fortifier le mont Maour (culminant à 858 mètres d’altitude). Il va ainsi créer de toute pièce un lieu de peuplement. Si on ignore la date exacte de construction de la forteresse (après 1237, date d’acquisition du fi ef), on sait par contre qu’elle est achevée en 1259. La plupart des châteaux alentours (Sainte-Anne, Scey, Montfort, Chenecey ou Montrond) sont déjà bâtis ou en cours d’aménagement. L’année suivante, le comte obtient le droit de bâtir une chapelle castrale dans son donjon et ordonne qu’un chapelain prie pour le son âme et celle de ses proches. Trois ans après la fi n des travaux du château, le bourg est constitué et les terres cultivées !

Jean Ier de Chalon a 70 ans en 1260 mais sa volonté d’expansion ne le quittera point, d’autant que la fortune que lui garantit l’exploitation des mines de sel permet bien des investissements. Le mont Mahoux est stratégique pour lui. En plaçant un château sur cette hauteur, il veut s’assurer le contrôle de la route du sel sur le plateau. Visible à des dizaines de lieues à la ronde, le guet du château pouvait jouir d’un panorama époustouflant donnant à la fois sur les monts de Salins mais aussi sur les Alpes, le Lomont, l’Alsace, les Vosges et tous les villages du plateau. Cette vue à 360° supplante de loin l’horizon offert par les habitations féodales des seigneurs environnants implantés à Montrond et surtout Scey dont la vue encaissée n’a rien de comparable.

Jean l’Antique ne réside pas au château de Montmahoux. Ce dernier n’est d’ailleurs qu’une forteresse parmi la trentaine qu’il possède. Son château habituel est celui de Nozeroy (39) où il a eu successivement 3 épouses et 16 enfants… dont Jean de Chalon-Arlay, son successeur, âgé de 8 ans à la mort de son père. Au début du XIVe siècle, les franchises accordées aux habitants de Levier, Labergement-du-Navois et Gévresin permettent de financer les murs d’enceinte du bourg de Montmahoux que Jean de Chalon avait promis. Un inventaire datant de 1468 nous renseigne sur l’équipement de la forteresse de Monmaour qui se composait alors d’une grande salle, d’une cuisine, d’une bouteillerie, d’environ 6 chambres dont une donnant sur la cour pour le prince, d’une chapelle, d’une vieille tour et d’une chambre d’artillerie.

En 1513, un autre inventaire ne mentionne plus que la grande salle. Entre temps, les troupes de Louis XI ont rasé une partie du château au cours de leur incursion de 1480. Dès lors, le château ne cessera de péricliter.

En 1639, on n’y signale déjà plus que quelques masures. Par la suite, les habitants prélèveront les pierres encore en état afin de construire des habitations en contrebas, ce qui achèvera de délabrer définitivement le site.

 

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le 21 novembre, 2016
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