Halte aux messages alarmistes

La réaction provoquée par la recette “La salade de pissenlits” du Vallées&Plateaux n°9 prouve que les messages de prévention vis-à-vis de l’Echinococcose Alvéolaire sont bien intégrés par notre population. Cependant aux consignes de prudence assénées et répétées par des propos ou slogans alarmistes concernant l’échinococcose, il est préférable de permettre à chacun d’analyser le risque et de le comprendre...

 

Qu’est ce que l’échinococcose alvéolaire ?
L’échinococcose alvéolaire humaine est provoquée par le développement chez l’homme de la larve du ver parasite (échinocoque). Celle-ci atteint généralement le foie.Cinq à quinze années en moyenne peuvent s’écouler entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes. Le dépistage de première intention est une échographie. Non traitée l’échinococcose alvéolaire peut conduire au décès. Un dépistage précoce permet une meilleure prise en charge des personnes atteintes mais le traitement est généralement à vie. Maladie rare, elle est en recrudescence (dépistage plus efficace) et les cas humains restent peu nombreux. Comment se transmet-elle ? A la base Les œufs de larves se trouvant dans la terre et sur les végétaux. Les campagnols ingèrent les œufs et transmettent la larve à leurs prédateurs ainsi qu’aux tributaires de cette chaîne alimentaire : renards, chiens, chats. Des lors, les excréments porteurs d’œufs de larve peuvent souiller le pelage des animaux domestiques, les végétaux sauvages ou cultivés (quel qu’ils soient), la terre, les mains et donc l’homme, véritable impasse pour le parasite car ce dernier n’a plus de prédateur ! En revanche, si l’homme ingère malencontreusement les œufs du parasite, il peut être porteur de la maladie sans forcément la développer et ne la transmettra pas à ses semblables. Développer la maladie semble plutôt le signe d’une susceptibilité particulière du système immunitaire. Ainsi le risque encouru est bien inférieur à d’autres risques acceptés (médicalement entendu) par tous dans la vie quotidienne : accidents de la route, cancer du poumon, etc. La Franche-Comté est la région de France la plus touchée (premières études en 1970). Elle est désormais au centre de programmes internationaux visant à mieux comprendre les modes de transmission de la maladie. Une étude** débutée en avril 2003 sur le canton d’Amancey vient de se terminer. Elle avait pour objectif de mieux comprendre le mode de transmission à l’homme de la maladie par les animaux domestiques (chiens et chats). Toutes les personnes qui ont participé à l’étude ont reçu un courrier les informant des résultats au début du mois d’avril et une réunion publique pour commenter les résultats de ces travaux aura lieu le lundi 19 avril à 20h30 à la mairie d’Amancey. ** Organisée par L’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA- site de Nancy), le Centre Collaborateur de l’OMS pour la prévention et le traitement des échinococcoses humaines, qui comporte des laboratoires de l’Université de Franche-Comté (Faculté des Sciences, Faculté de Médecine et de Pharmacie), le CHU de Besançon et la Fédération de Franche-Comté des MSA.
Aline Prévitali (merci à Nadia Guillou)

La Mutualité Sociale Agricole du Doubs, dans le cadre des examens de Médecine Préventive, a mené des recherches sur 18.680 personnes soumises au risque de part leurs origines géographiques ou leur mode de vie. Ces recherches ont révélé que 286 personnes avait été en contact avec le parasite mais n’ont pas développé la maladie et que 12 individus présentaient effectivement une maladie évolutive. Pour s’en prémunir • Se laver les mains fréquemment. • Cuire à 60° les aliments prélevés au niveau du sol et provenant des jardins, prairies, bois • Vermifuger fréquemment les animaux sous contrôle vétérinaire.
le 01 avril, 2004
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