Chanvrons-nous !

Le chanvre est une plante mal aimée des politicos, des économistes et des lobbyings industriels mais allez donc demander aux écologistes, aux historiens et aux scientifiques ce qu’ils en pensent. Leurs réponses risquent de vous méduser, vous surprendre, vous captiver...

 

«Je suis originaire du Rif dans le Nord du Maroc, région productrice de chanvre (en Latin : Cannabis Sativa ou chanvre cultivé / utile). En ayant grandi autour de cette plante, je me suis aperçu que l’on pouvait s’en servir dans de nombreux domaines. Et, de recherches en recherches, il est apparu évident que l’on pouvait faire beaucoup avec le chanvre et que l’on en fait encore à l’heure actuelle ». Raconte Si Abderzak.

Saviez-vous que ce produit est utilisé depuis l’Antiquité pour ses propriétés curatives notamment pour soulager lors d’un accouchement, cicatriser des plaies, prévenir des maladies cardio-vasculaires et des désordres inflammatoires tels que les allergies, l’arthrite, l’asthme, etc. Non, ce n’est pas un hasard si Charlemagne (ce sacré !) demanda à ce que la première plante que l’on cultiva à travers tout son empire fût le chanvre. « Il ne faut pas omettre qu’à l’époque gauloise ou au Moyen-Age, le chanvre avait une grande importance. C’était une denrée alimentaire de premier ordre au même titre que l’orge ou le blé. On se servait des graines pour faire de l’huile, on les intégrait dans des galettes, dans le pain car elles sont très riches en acide gras essentiel et aussi en protéines végétales facilement assimilables pour le corps. Ceci permettait d’avoir une alimentation très saine. » expose Si Abderzak. Face à cette plante, il y a un paradoxe certain en France. C’est le premier pays producteur de chanvre en Europe et les politiques ne font que de le diaboliser, de le réduire seulement pour le benoît quidam à une drogue douce, soit, mais à une drogue quand même. « Il y a une réelle méconnaissance du produit et j’aimerais pouvoir développer une ou des alternatives par rapport au chanvre vis à vis de l’utilisation que l’on en fait de nos jours… ».

Voilà comment est né l’idée d’Al Kennab : un stand de découverte de produits végétaux bios et plus particulièrement l’ortie, le frêne et le chanvre. Al Kennab vient de démarrer son stand information/dégustation et ventes pour ceux qui veulent goûter à d’autres saveurs. « Je suis tous les samedis matins au marché de Palente (Besançon) ; j’ai également participé à une exposition au Musée des Maisons Comtoises à l’occasion de la Foire Végétale à Nancray. Dans l’avenir, je vais tourner dans les différentes fêtes autour des végétaux, des ballades des saveurs dans la région. Je participerai aussi au Marché de Noël à Ornans ».

Et quelles sont les réactions des chalands ? « Les personnes qui passent devant le stand sont généralement interpellées parce que ce n’est pas très courant de voir des boissons à base de ce type de plantes. Cependant, les anciens connaissent bien la frênette qui est un breuvage pétillant, légèrement alcoolisé, à base de feuilles et de fruits de frêne infusés et fermentés, proche du cidre. Les gens qui s’arrêtent sont plutôt curieux, les questions pleuvent, ils ont envie de connaître les vertus des plantes, le goût, surtout pour ce qui est du chanvre » berbèrise Si Abderzak.

Pour l’instant, Al Kennab propose surtout de l’alimentation et des cosmétiques mais un catalogue est à disposition et l’on peut faire ses commandes de vêtements ou autres. Suprême hypocrisie, la majeure partie des produits est fabriquée en Bretagne. Les agriculteurs y travaillent beaucoup le chanvre. Ils bénéficient de subventions européennes pour cette culture essentiellement destinée au bâtiment (isolation) et à l’alimentaire.
« Avant de juger une plante, il faut apprendre à la connaître, se renseigner car elle peut nous offrir énormément. Vous pouvez goûter de l’ortie qui ne pique pas, du chanvre qui ne plane pas et du frêne qui n’accélère pas ». C’est ce qu’on appelle le sens de la formule !
Contact : 06.82.31.74.73
E-mail : www.alkennab.com
Jérome Colantuono
le 01 novembre, 2004
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