Travailler en prison

Depuis 2002, la SIGES, société d’investissement, de gestion et de services, un groupe privé chargé du travail pénitentiaire, assure à la prison La Butte de Besançon un travail à tous les détenus qui le souhaitent. Des chefs d’entreprise sous-traitent une partie de leur activité dans l’établissement carcéral où les détenus sont très demandeurs. Objectif : bénéficier de coûts moins élevés tout en participant à la réinsertion professionnelle des détenus...

 

Même s’ils sont entre quatre murs pour des délits de natures multiples les détenus cherchent à améliorer leur ordinaire. Comme le prévoît la loi du 22 juin 1987 relative au service pénitentiaire, les détenus ne sont pas tenus à travailler. Néanmoins ceux-ci sont nombreux à demander au chef de détention que leur soit fourni un travail. Cette demande, pour aboutir, doit être formulée par écrit et adressée à la direction de la maison d’arrêt. Chaque demande est traitée par ordre d’ancienneté et en fonction des postes disponibles. Tout prévenu mis en examen ne peut prétendre à une fonction dans un atelier qu’après l’accord du magistrat instructeur.

Bilan satisfaisant des dispositifs de la SIGES
Quelle que soit l’appartenance sociale des détenus, tous effectuent un ‘‘travail productif et suffisant pour occuper la durée normale d’une journée de travail’’. Finalement de part et d’autre personne n’est perdant. L’entreprise dispensée des démarches administratives fait appel par le biais de la SIGES à cette main-d’œuvre pour réagir rapidement à une grosse commande et les détenus reçoivent en contrepartie un SMAP, salaire minimum de l’administration pénitentiaire. Chaque entreprise propose un type d’activités : montage de téléphonie ou mécanique, façonnage de l’imprimerie ou activité de conditionnement comme le précise Jean-Pierre Rio, directeur développement de la SIGES. Chaque détenu dispose d’une fraction de son salaire. Certains envoient une partie de la somme gagnée à leur famille ou s’achètent des produits alimentaires et ce qui subsiste leur est remis à leur sortie de prison. Si ceux-ci gagnent 200 euros par mois 10% de cette somme leur sont restitués et si leur salaire mensuel atteint 1000 euros le pécule est bloqué et le reste est versé à la partie civile. Les détenus ne sont pas payés à l’heure, mais à la pièce, en conséquence on constate une certaine cadence à l’ouvrage dans les ateliers où un gardien est chargé de surveiller tous les détenus à leur poste. Les échéances des contrats doivent être respectées. En travaillant à l’atelier les détenus démontrent leurs capacités de réinsertion en tant que citoyens productifs. Et les entreprises qui proposent actuellement ce travail pénitentiaire établissent un lien entre le milieu carcéral et le monde extérieur, reconnaît la responsable des Ateliers de la SIGES à Besançon, Béatrice Colle. Un constat qu’avait fait Maurice Pointurier, patron de MPI, Maurice Pointurier Industrie à Longeville, lorsqu’il avait offert du travail aux détenus de la prison de Besançon pendant six ans jusqu’en 2001. Selon lui, ‘‘tous les détenus ne sont pas de grands bandits. On peut être en prison pour un excès de vitesse ou pour un abus d’alcool lorsque des dommages conséquents ont été commis. Ça peut arriver à n’importe qui’’. Au sein de la prison La Butte à Besançon l’action des chefs d’entreprise recruteurs est à connotation sociale et les Ateliers de la SIGES offre une production de qualité dans les délais requis.

Contact :
Béatrice Colle au 03 81 41 17 80
Ateliers SIGES 5, rue Pergaud 25031 Besançon.
Fax : 03 81 51 39 58
Marie-Lou PIRES
le 01 mars, 2005
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