"Accompagnement socioprofessionnel" aux Chantiers Départementaux

Répondant à leur mission première de proposer des contrats de travail aux personnes rencontrant des difficultés à en obtenir, l’association des Chantiers Départementaux de Besançon est définie par ses partenaires comme une structure d’insertion par l’activité économique. Mais si la (re)mise en situation de travail est une condition essentielle pour se repositionner vers l’emploi, les freins sont de nature très diverse. Afin d’éclaircir la complexité des situations personnelles, les Chantiers Départementaux développent "l’accompagnement socioprofessionnel". Analyse et décryptage de cette démarche avec René Poisot.

 

Les difficultés rencontrées par les publics accueillis aux Chantiers Départementaux se situent sur différents secteurs. Lié directement à l’accès à l’emploi, il peut s’agir d’un manque de qualification. Les facteurs tels que la santé et le logement ont d’importantes incidences sur la vie sociale, tandis que la question de l’autonomie apparaît souvent en toile de fond et semble révéler le cumul de plusieurs difficultés. L’accompagnement socioprofessionnel, effectué en liaison avec l’ensemble des partenaires sociaux aptes à envisager des solutions, s’appuie donc sur une prise en compte globale de la personne. L’objectif  étant d’offrir aux personnes un "mieux-être".

Le travail d’accompagnement entrepris avec chaque individu s’organise principalement autour de deux axes: les entretiens individuels et les réunions tripartites avec les chefs de chantiers. La première étape consiste à repérer ensemble les difficultés rencontrées et trouver des leviers sur lesquels intervenir pour que les personnes puissent évoluer. Mais la condition sine qua non de la réussite réside dans la prise de conscience de chaque individu, l’identification et la verbalisation de ses véritables freins. Travailler sur ces leviers constitue alors la seconde phase de l’accompagnement et nécessite une remise en question de son propre fonctionnement. Les problèmes identifiés, des solutions s’esquissent et la démarche d’amélioration est enclenchée.

Actuellement, l’accompagnement socioprofessionnel des 110 personnes en insertion au sein de l’association des Chantiers départemntaux est assuré par René Poisot, responsable du service, et ses 2 collaborateurs (Ginette Casin et Jean-Yves Boucon). Mais ce travail parfois informel dépasse largement le cadre d’un service et se trouve relayé au quotidien par les chefs d’équipe de chaque chantier. Un autre volet incontournable de l’accompagnement prend la forme d’un atelier "expression et valorisation de l’image de soi" animé par Fredéric Guyon. Artiste ayant flirté avec la psychanalyse, il place les personnes en situation de création et leur offre de fait un espace de liberté, si rare dans leur environnement. Cet atelier, c’est avant tout le droit de peindre comme de sculpter, de parler ou de se taire…celui de se présenter sans masque devant le miroir. Projeter des couleurs sur un espace ou faire naître une forme est un moyen de prendre du recul face à la vie.
Formé, en français, à partir de "compagnon" et "compagnie", le mot "Accompagner" induit l'idée de partage de quelque chose d’essentiel. Si une philosophie paritaire et égalitaire reste souhaitable pour appréhender une telle relation, une ambiguïté subsiste quant au statut réel de l'accompagnateur. Tantôt celui-ci jouit d'une plus grande autorité notamment dans l’application des règles qui régissent la société ; tantôt il se rend disponible, apporte son soutien dans les actions entreprises et offre sans jugement un espace de parole et de dialogue. Cette approche révèle la pluralité de sens du terme " accompagnement " qui relie l'"assistance", l'"aide", le "tutorat", ou encore le "conseil". Peut-être est-ce la raison pour laquelle le métier de René Poisot, malgré le professionnalisme qu’il requiert, ne figure pas encore dans le listing des métiers répertoriés par l’ANPE.
Laura FRANCO
le 01 décembre, 2005
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