Centres de planification du Doubs

La seconde moitié du 20ème siècle a été marquée par une avancée considérable des droits des femmes (et des hommes) à disposer librement de leurs corps. Ces droits ont été obtenus par de véritables luttes contre toutes les oppressions liées à la sexualité et ont permis au fil des décennies la mise en place de structures d’éducation et de planification familiale sur l’ensemble du territoire national. Aujourd’hui, ces activités sont prises en charge par des collectivités territoriales ou des associations. Afin de mieux cerner leurs missions, nous avons rencontré le Docteur Iehlen, pédiatre et responsable du centre de planification et d‘éducation familiale de Besançon, anciennement Adospère.

 

Villages FM : Pourquoi le centre de planification dépend du Conseil Général ?
C. Iehlen :
Parce que les centres de planification correspondent aux missions qui sont confiées aux services de PMI dépendant de l’autorité des conseils généraux depuis la décentralisation.

Villages FM : Que signifie l’acronyme PMI ?
C. Iehlen :
  C’est la Protection Maternelle et Infantile. On s’occupe de tout ce qui concerne la santé de la mère et de l’enfant. Notre objectif est de permettre à une femme d’avoir une grossesse quand elle le souhaite et d’avoir un enfant dans de bonnes conditions.

Villages FM : En quelle année a été créée votre structure, et comment a-t-elle évolué ?
C. Iehlen :
Les centres ont été crées par la loi de 1989 et les décrets de 1992. Pour l’évolution, on a eu des qualifications professionnelles qui sont venus compléter les équipes : des médecins et des sages femmes et actuellement on dispose d’une conseillère conjugale et d’une psychologue. On peut donc prendre en charge un certain nombre de problèmes qui relèvent de compétences particulières.

Villages FM : Quels sont les acteurs locaux avec lesquels vous travaillez ?
C. Iehlen :
Nos partenaires vont intervenir dans le champs médical puisque la PMI ne peut pas fonctionner toute seule, on est au milieu d’un réseau de professionnels. Pour les jeunes nous travaillonss en collaboration avec l’éducation nationale, la santé scolaire et les lieux qui accueillent les jeunes en général. Pour les femmes en situation de précarité, nous allons intervenir avec des structures d’accueil.

Villages FM : Quelles sont les différentes actions menées dans votre centre ?
C. Iehlen :
Nous intervenons sur deux domaines : des actions individuelles et des collectives. Parmi les individuelles, on aura des consultations médicales qui visent à parler de contraception, à assurer un dépistage des maladies sexuellement transmissibles (MST). C’est la particularité de nos centres. On n’est pas uniquement un distributeur de prescriptions de pilules, on essaie de comprendre quels sont les projets de la personne, ses soucis, ses difficultés. On peut faire intervenir la psychologue s’il y a un mal-être chez les jeunes qui vient se greffer sur le démarrage de leur vie sexuelle et la conseillère conjugale quand il y a des problèmes de conflits, de violences ou de manque d’estime de soi. Les centres sont gratuits pour les mineurs, les non assurés sociales à la fois sur les prescriptions de médicaments, d’examens et sur les échographies et radios. Parallèlement à cette partie individuelle, les actions  collectives, concernent l’éducation à la sexualité en particulier dans les milieux scolaires, afin d’assurer une information pour les élèves de troisième, pour qu’ils aient une connaissance de la vie sexuelle, de la contraception, de la protection contre les MST. On va tenter de les sensibiliser sur ce qui touche à la sexualité.

Villages FM : Peut-on parler d’anonymat ?
C. Iehlen :
Tout à fait, nos centres préservent l’anonymat des personnes.

Propos recueillis par Laura Franco

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur les ondes de Villages FM.

le 01 mai, 2006
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