Une maison pour l’Homme… par l’Homme !

Thierry Jouan et Isabelle Buller, Vuillafans Professions : Tailleur de pierre - sculpteur (Thierry) et ergothérapeute / praticienne shiatsu (Isabelle)

Description de la construction : Maison de plain-pied comprenant un bureau, deux chambres et des sanitaires au premier étage, un salon cuisine et un atelier au rez-de-chaussée.

Coût :Le coût de cette construction est estimé approximativement à 48 000 e. Comme le note Isabelle, ces chiffres restent très subjectifs au vu du temps et de l’énergie qu’ont nécessité les travaux. La petite histoire : Initialement, cette construction réalisée dans la zone artisanale de Vuillafans avait été envisagée uniquement comme un atelier de sculpture. Une fois le bâtiment construit, au vu de sa surface, Thierry a décidé d’en aménager une partie en logement.Planification du chantier : 2001 : Achat du terrain dans la zone artisanale de Vuillafans.2002 : En huit mois, les fondations sont faites, les murs sont montés et la charpente est posée. Au début de l’année 2003, les ouvertures sont installées.En 2004, l’idée de réaliser un appartement au premier étage mûrit. Courant hiver 2006, l’aménagement intérieur touche à sa fin et la famille Buller-Jouan aménage.  Investissement personnel : Quand Thierry s’engage dans son projet de construction d’un atelier de sculpture sur pierre, il ne réalise pas l’ampleur de la tâche. Ses compétences limitées dans certains corps de métier et son manque d’expérience en matière de construction se révéleront rapidement comme un handicap. De plus, le fait d’aménager un logement dans la construction initiale amène un important volume de travail supplémentaire. Contrairement à la première tranche de travaux qui concernait plus spécifiquement Thierry, Isabelle s’implique également dans la seconde phase en participant à la conception des plans. Les difficultés techniques rencontrées associées à la pénibilité physique vont amener progressivement Thierry, sur les conseils de sa compagne, à s’entourer d’artisans (plombier-chauffagiste, électricien, plaquiste). “Cette attitude de vouloir tout faire par soi-même relève typiquement de la mentalité française” souligne Isabelle, d’origine suisse.    Avec quelques mois de recul, tous deux considèrent qu’un projet d’auto construction représente un véritable danger en terme humain : générateur de stress et de fatigue, il engendre indubitablement des tensions au sein du foyer. A la pression des premiers mois (voire des premières années !) fait place un essoufflement dont beaucoup de familles ou plus particulièrement de couples sont victimes. La cohésion de leur couple et le soutien de la famille a fait de cette expérience marquante une occasion de cheminer et de grandir ensemble, de prendre conscience de leurs forces et faiblesses respectives. Choix des matériaux et autresparticularités :Une des préoccupations d’Isabelle et Thierry était de concevoir une maison qui respecte au mieux l’environnement. Construction à taille humaine répondant à leur besoin de base, le végétal fait partie intégrante de leur projet. A terme, arbres fruitiers, fleurs et petit potager viendront égayer leur espace de vie. L’isolation de la maison est assurée notamment par deux types de matériaux très peu usitées : > La laine de mouton brute possède des caractéristiques intéressantes d’isolant thermique. Sa nature « brute » (non lavée) la protège des insectes. Disposée sous toute la surface du plancher du premier étage (soit 385 kg de laine), son rapport qualité/prix en fait un matériau particulièrement avantageux.> La laine de chanvre : son maniement délicat (la fibre végétale étant mélangée à une base plastique neutre) rend sa pose un peu plus complexe. Mais à cet inconvénient répondent de nombreux avantages dont les qualités écologiques et une durée de vie plus importante que la laine de verre.Les peintures utilisées, quant à elles, sont à base de craies, de caséine et de sel de bore évitant ainsi toute toxicité et dégagement d’odeurs. De plus, notons l’installation future de toilettes sèches permettant une économie de 20 à 30 % de la consommation annuelle d’eau. 

le 22 août, 2006
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