SOMMEIL TROUBLÉ ET ANXIÉTÉS

Avec l'âge, mais aussi face à des problèmes ponctuels ou qui durent, le sommeil peut se modifier et devenir plus léger, plus irrégulier, voire même disparaître, entraînant des diminutions de l'attention au cours de la journée et des sensations accrues de mal-être. Les troubles du sommeil et l'anxiété ne doivent pas toujours conduire à la prescription d'un somnifère ou d'un tranquillisant. Prendre ce type de médicament n'est pas anodin, apprenons à les connaître … 

 

ANXIOLYTIQUES, HYPNOTIQUES, QU’EST CE QUE C’EST ?
Les anxiolytiques, également appelés tranquillisants, sont destinés à soulager l’anxiété. Ce sont des médicaments symptomatiques, rapidement efficaces mais qui ne guérissent pas la cause.
Les hypnotiques, appelés aussi somnifères, ont la propriété d’induire et/ou de maintenir le sommeil. Ils permettent de réguler le sommeil mais ne traitent pas la cause de l’insomnie. Leur efficacité s’estompe assez rapidement avec le temps et donne souvent lieu à une escalade thérapeutique.
Ces deux médicaments font partie de la famille des psychotropes dont le rôle est de modifier le fonctionnement de l’activité physique.

Une étude réalisée par l’Assurance Maladie montre que 17,4% (plus de 10 millions) de la population française a bénéficié d’au moins une prescription d’anxiolytiques et 8,8% (plus de 5 millions) d’hypnotiques. Le taux de consommation est plus fort chez les femmes et augmente avec l’âge quelle que soit la molécule.
Ces médicaments peuvent entraîner des troubles du comportement et de la mémoire ainsi qu’une diminution de la vigilance avec de réels risques : chutes suivies de fractures chez les personnes âgées, accidents du travail et de la circulation...
Aussi, en France, la réglementation limite la durée de prescription des anxiolytiques à douze semaines et celle des hypnotiques à quatre semaines. Dans la pratique pourtant, ces traitements sont généralement de longue durée sans réévaluation de leur opportunité et de la posologie.

SOMMES-NOUS PLUS ANXIEUX ET PLUS INSOMNIAQUES QUE NOS VOISINS ?
Selon le rapport de la mission générale concernant la prescription et l'utilisation des médicaments psychotropes en France, notre pays en consommerait en moyenne 2 à 4 fois plus que les autres pays européens, avec une première place au hit parade de la vente de ces produits. Pour les anxiolytiques, nous en absorbons deux fois plus que les espagnols, cinq fois plus que les allemands et huit fois plus que les anglais. Pour les hypnotiques, les français en consomment deux fois plus que les allemands et les italiens et nettement plus que les anglais. 
En Franche-Comté notre consommation est supérieure de 6% à la moyenne nationale.
Les départements du Jura et le Territoire de Belfort arrivent en tête …

FACE A CES CONSTATS, L’ASSURANCE MALADIE SE MOBILISE !
> En inscrivant comme objectif annuel une réduction de 10% des dépenses prévisibles liées au traitement par anxiolytiques et hypnotiques.
Il ne s’agit absolument pas de prescrire moins mais de prescrire mieux.
L’écoute, la relation et la reconnaissance d’un trouble anxieux ou du sommeil sont les éléments essentiels de l’approche thérapeutique. Celle-ci fera appel à des conseils d’hygiène de vie, à des techniques de soutien psychologique, de relaxation et de psychothérapie. Les traitements psychotropes seront individualisés dans leur posologie comme dans leur durée. 
Anxiolytiques et psychotropes ne sont donc qu’une partie du traitement. Le patient doit participer : il doit connaître les effets indésirables potentiels, les risques d’intolérance et de dépendance. Il doit savoir que ces médicaments sont d’autant plus efficaces s’ils sont adaptés aux symptômes.
Des programmes d’information doivent accompagner les médecins en termes de soins comme de prévention ainsi  que les patients pour les aider à contrôler leur anxiété.

> En lançant une campagne de sensibilisation qui insiste sur les conditions favorables d’hygiène de vie et les recommandations générales de bonnes conditions pour favoriser l’endormissement.
Il existe des alternatives aux moyens chimiques. Dans un premier temps, le médecin doit encourager une bonne hygiène de vie : ne se coucher que si l’on a vraiment sommeil, éviter les excitants (café, thé, vitamine C, ...), l’alcool et les repas lourds le soir, aménager une chambre sombre, calme et pas trop chaude (l’idéal est 18°C) et pratiquer une activité physique dans la journée. La phytothérapie et l’homéopathie peuvent également constituer une aide pour certaines personnes. En cas d’insomnie chronique, les thérapies cognitives et comportementales aident à clarifier les raisons des troubles et sont une alternative aux traitements médicamenteux.

POUR UNE MEILLEURE PRESCRIPTION
Dans notre société d’individualisme et de performance immédiate, n’attendons-nous pas trop et trop vite du médicament ? S’il n’est pas question de diaboliser anxiolytiques et hypnotiques, ni de culpabiliser les patients qui en tirent un bénéfice, leur prescription “pour tenir le coup” est cependant parfois trop rapide.

Le saviez-vous ?
- Près d’un français sur dix prend des somnifères. Dans 40% des cas, cette prise est régulière, ce qui est contraire aux recommandations scientifiques.
- Dans 20 à 30% des cas, les chutes des seniors seraient liées à la prise d’un somnifère, d’un antidépresseur ou d’un calmant.
- Plus de 320 millions d’euros ont été remboursés, en 2004, par l’Assurance Maladie pour les tranquillisants et les somnifères.
 

le 01 septembre, 2006
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