Festival Musiques de Rues du 5 au 8 octobre à Besançon 2006

Quand la musique s’empare des ruesPremière édition attendue du festival Musiques de Rues, du 5 au 8 octobre 2006 à Besançon.  Un projet séducteur qui répond aux exigences de l’appel d’offre lancé en novembre 2004 par la Mairie de Besançon, en proposant un événement culturel, populaire, festif, participatif et entièrement gratuit.

La musique accompagne décidément la rentrée bisontine 2006 ! Le Festival international de musique de Besançon Franche-Comté à peine terminé, les installations de Musiques de Rues se déploient à travers la ville. Telle a été la volonté de la municipalité de Besançon en sélectionnant le projet de deux nantais, François-Xavier Rouan et Pascal Esseau, direction bicéphale du festival. Ils relèvent ensemble le pari de provoquer des rencontres dans un espace urbain réinvesti : musiques populaires et musiques actuelles, public éclairé et néophyte, trompes de Centrafrique et guitare, Besançon et les sons du monde.

A la question culturelle, le festival répond avec grand bruit en réunissant prés de 600 musiciens, professionnels et amateurs, aux univers sonores éclectiques. Pas de tête d’affiche « grand public », mais de nombreuses propositions alléchantes, nous venant parfois de pays lointains. Deux compagnies, le Bollywood Brass Band et le Jaïpur Kawa Brass Band, évoquent la diversité indienne, mêlant la tradition anglaise du Brass Band aux musiques du Bollywood ou nous entraînant dans le monde hypnotique de la musique du Rajashan. Les Etats-Unis sont présents avec une fanfare de la Nouvelle Orléans, où swing rime avec jazz. Egalement au programme : un soupçon d’inquiétant érotisme avec les cuivres allemands du Mardi Gras Brass Band ou encore le souffle tzigane de la Fanfara Lui Craciun.

Dans le flot des 50 compagnies invitées, on compte un tiers de groupes artistiques locaux dont certains ont déjà conquis le cœur des francs-comtois (Prowpuskovic, Accrorap, Ritmo da Capoeira ou encore le Collectif Tricyclique Dol) « Ils sont impliqués soit sur leurs prestations habituelles qui se rapprochent de la thématique «musique de rue», soit sur des résidences d’artistes comme c’est le cas pour la Concorde de Saint-Ferjeux ou bien carrément en proposant une création originale, telle la grande fanfare de 50 tubistes qui déambulera sous la houlette de Michel Godard, un des meilleurs joueurs de tubas au monde. » explique Philippe Angelot, coordinateur musical du festival.
Si le point commun entre toutes les propositions reste l’espace public, il prendra lui aussi des formes variées. Les places accueilleront de grands ensembles et seront le théâtre de rencontres métissées, le Parc Micaud et celui de la Gare d’eau fourmilleront de propositions diverses, de choses à partager et d’occasions de discuter.
Quant aux cours privées, elles offriront des lieux intimistes adaptés aux « Petites Formes Instrumentales ».
 
Le bruit provoqué par cet événement d’envergure, sur lequel les médias nationaux se penchent déjà avec curiosité, fait écho à l’importance de son budget : 700 000 euros dont 100 000 alloués à la communication. Nourrissant le doux rêve d’une grande cité musicale, Besançon devra tout de même prendre garde de ne pas sombrer dans la cacophonie.
Laura Franco
 
Le métissage musical, vu par Philippe Angelot, coordinateur musical du Festival.
“On a invité des artistes majeurs qui nous ont piloté sur d’autres groupes. Camel Zekri, a invité ses cousins algériens de tradition Gnawa, “le Diwan de Biskra”.
Le Diwan de Biskra va aller à la rencontre du Baga de Saint-Nazaire...la tradition bretonne avec des Gnawas du Sud Algérien, ça va être une rencontre fabuleuse ! Il y a également ce travail de Camel Zekri qui monte une création mondiale avec des sonneurs de Trompes de Centrafrique, les Trompes Ongo Brotto, derniers survivants d’une tradition de musiciens centrafricains qui soufflent dans des trompes en bois à mi-chemin entre la trompe tibétaine et le didgeridoo. Une création qui mélange les musiques électroniques, les musiques amplifiées et cette tradition centrafricaine”.
 

 

le 22 septembre, 2006
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