Une coopérative pour les achats des artisans du Doubs

En 2004, un groupe d’artisans charpentiers, maçons et couvreurs désireux de faire évoluer leurs conditions de travail, sollicitent la CAPEB (Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment) afin d’engager une étude sur la création d’une coopérative d’achat dans le Doubs, c’est-à-dire une plate-forme d’achat alternative. Après un premier état des lieux et face aux appréhensions de fournisseurs locaux, le projet est actuellement en suspens.

 

Les coopératives d’achat : pour une dynamique locale
Différente des coopératives d’exploitation dont l’objectif est de réunir des artisans afin d’apporter une solution groupée à un client, la coopérative d’achat offre aux artisans les moyens de regrouper leurs achats et d’organiser dans le cadre d’une structure commune la négociation des prix, la gestion des stocks et la rationalisation des approvisionnements. Outre l’intérêt purement économique d’obtenir des conditions d’achat qu’ils ne pourraient négocier individuellement, les artisans améliorent à terme la qualité de leurs services en mutualisant les moyens matériels (dont par exemple l’accès à des technologies de pointe) et les moyens humains. Le fonctionnement coopératif permet en outre un gain de temps considérable par la gestion à distance des commandes (le rôle des nouvelles technologies étant primordial) et la réduction des déplacements (la livraison des matériaux étant assurée sur les chantiers). De plus, par la création d’emplois intrinsèque au projet (directeur, magasinier, livreur…), la coopérative participe à l’animation économique locale.
Contrairement à un GIE (Groupement d’Intérêt Economique) dans lequel les adhérents sont solidairement responsables, les sociétaires d’une coopérative ne sont responsables qu’à la hauteur de leur apport. Dans ce même esprit d’égalité, les associés d’une coopérative, à la fois sociétaires et utilisateurs, disposent de droits égaux dans la gestion. En d’autre terme, en vertu du principe « une personne, une voix », chacun bénéficie d’un droit de vote égal quelle que soit la part du capital détenu.

La réponse de la CAPEB

Afin de répondre au mieux à la demande des artisans, la CAPEB Doubs a sollicité l’assistance d’une organisation nationale à laquelle elle est adhérente : l’ORCAB, Organisation des Coopératives d’Achat pour les Artisans du Bâtiments. Après la visite d’une première coopérative d’achat en Vendée créée il y a 25 ans, Didier Tatu et les personnes en charge de l’étude, ont mis en place un voyage d’étude en Haute-Savoie, dans une structure fondée en 1998. L’objectif était de permettre aux artisans doubiens de rencontrer les associés et salariés de l’entreprise et de se confronter aux réalités quotidiennes d’une jeune coopérative, afin de mieux en réaliser les difficultés comme les avantages.

Projet à suivre …
Le principe d’une coopérative étant de mutualiser les achats et compte tenu des contraintes de stockage, les artisans doivent se mettre d’accord sur le choix de certains produits au dépend d’autres. Cependant, lors d’une réunion de concertation, la remarque d’un chef d’entreprise expliquant qu’une des ses exigences était que les matériaux qu’il utilise soient référencés, relève d’un manque de maturité quant à l’esprit de collaboration indispensable à la création d’une telle structure. De plus, si une soixantaine de personnes semblent intéressées par la coopérative, sont-elles prêtes à y consacrer dès son lancement un minimum de 60 % de leurs achats …condition sine qua non de la réussite du projet.
Ces deux facteurs conjugués à l’inquiétude des fournisseurs locaux qui voient dans cette entreprise une forme de concurrence directe ont amené la CAPEB à orienter leur réflexion vers une autre problématique, liée également à l’achat et au gain de temps : stimuler une autre forme de relation client-fournisseur à travers le développement d’Internet.

L.F.

 

le 01 octobre, 2006
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