La liberté d’expression mexicaine crie Basta !

La situation politique de l’état d’Oaxaca au Mexique est actuellement très critique. En effet, le conflit qui œuvre maintenant depuis plus de six mois compte un bon nombre de plaintes pour abus de tout genre sur les manifestants orchestrés par le corps de police. Suite à ce phénomène inquiétant, un premier groupe de membres de la Commission Civile Internationale d’Observation pour les Droits Humains se rendra sur place, dont Sylvie, résidente d’Ornans.

 


Le cinéma indigène : le pouvoir de l’image
L’ONG audiovisuelle “Ojo de agua Comunicacion” tient à promouvoir le rôle du cinéma et de la vidéo indigène, qui se sont développés ces dix dernières années. Ils donnent une voix digne aux visions, aux luttes, aux connaissances et à la culture de ce peuple. Le premier centre de vidéo a été créé en 1994. Cette institution a mis en place des ateliers dans lesquels elle a formé plus de six cents personnes entre 1994 et 2000. Ces vidéos documentaires, loin d’être des brûlots, parlent de coutumes et de traditions, de lutte pour la terre, et s’engagent fortement en faveur de la reconnaissance des droits indigènes. Même si ces pratiques n’ont jamais fait l’unanimité au sein du gouvernement mexicain, elles étaient plus ou moins tolérées. Elles sont aujourd’hui menacées.

La liberté d’expression en danger :
Au cours des derniers mois, le conflit s’est durci, jusqu’à l’intervention récente de la police nationale mexicaine, qui a violemment délogé les piquets et les campements de l’APPO (Assemblée populaire des peuples de l’Oaxaca). Au moins 17 personnes ont été assassinées, des centaines de manifestants ont été arrêtés et on déplore des dizaines de disparus. Des organisations de défense des droits humains ont d’ores et déjà enregistré des plaintes pour tortures, mauvais traitements et menaces dont ont été victimes les personnes appréhendées.
Au niveau international, la préoccupation causée par ces graves événements a suscité une forte mobilisation et le souci de relayer la dénonciation avec un soin particulier, afin de trouver à ce conflit une issue qui passe par le dialogue.


La CCIODH et Sylvie :
Plus que le danger de la liberté d’expression, c’est tout simplement le danger des droits humains que cette commission exceptionnelle souhaite dénoncer. Les principaux objectifs de son déplacement sont de pouvoir observer, engager une réflexion et évaluer les conséquences que peut avoir le conflit sur la situation en matière de droits humains.
Ce travail ne sera pas trop étranger à Sylvie, membre de l’Observatoire des Médias, qui travaille maintenant depuis plus de deux ans dans l’analyse des dérives médiatiques de nos médias. La solidarité par l’action des mots et l’action tout court, voilà les valeurs que cette ornanaise défend, armée de sa plume, qui, souhaitons-le lui, l’aidera lors de son voyage solidaire au Mexique, du 6 au 20 janvier 2007.

Tülay CIPLAK
le 28 décembre, 2006
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