L'excellent film La Guerre des Miss

On pensait que Patrice Leconte après une trentaine de longs-métrages allait arrêter le cinéma. C’est du moins ce qu’il avait laissé entendre. Mais le revoilà avec un scénario burlesque, comme il les aime, avec un acteur en vogue, Benoît Poelvoorde (www.benoitpoelvoorde.be/laguerredesmiss) pour le tournage de son dernier film, “ La Guerre des Miss “.





Villages FM : C’est la première fois que vous tournez en Franche-Comté ?

Patrice Leconte : Non seulement c’est la première fois que je tourne en Franche-Comté mais c’est la première fois que je viens en Franche-Comté. Bon, la météo est exceptionnellement catastrophique paraît-il. Quant à l’accueil, chaque fois que l’on se comporte de manière attentive, ouverte, humaine avec les populations locales, on est toujours bien accueilli. Ce que je reproche à certaines équipes de cinéma c’est d’arriver en terrain conquis, comme des colons qui pensent qu’ils ont droit à tout et non, non !

Villages FM : Pourquoi avoir choisi la Franche-comté ?
Patrice Leconte : Le choix de la région, il a été fait d’une manière très simple c’est que les deux producteurs du film qui travaillent pour la société Gaumont sont des gens qui connaissaient bien par ici. Et quand on a eu le scénario ils ont dit « En Franche-Comté, je crois que tu vas trouver ce qu’il faut ! ». Donc on est venu là.

Villages FM : Et quels sont les éléments qui ont fait que vous avez choisi Vuillafans et la Vallée de la Loue ?
Patrice Leconte : On voulait de la moyenne montagne, où l’on puisse imaginer deux villages qui ne soient pas trop distants l’un de l’autre et dont un soit moyennement situé en altitude. Et puis je trouvais que le lieu avait beaucoup de charme. Mais ce qui est le plus marrant c’est que j’ai envoyé du monde pour les repérages et en fin de compte on ne trouvait pas vraiment notre bonheur… Et c’est mon décorateur avec qui je travaille depuis très longtemps qui à Ornans, dans une maison de la Presse, a fait tourné le tourniqué de cartes postales et a vu celle de Vuillafans et a pensé que c’était le village qu’il fallait.

Villages FM : Pourquoi avoir accepté de tourner « La Guerre des Miss » ?
Patrice Leconte : Le producteur m’a proposé un jour le scénario et il avait l’accord de Benoît Poelvoorde. Le fait d’avoir ce scénario qui était bien écrit, drôle et original, ce titre que j’aime beaucoup et surtout le fait que Benoît était d’accord pour jouer, ça m’a décidé. J’adore cet acteur. La façon dont il joue, et l’homme également. Je rêvais de tourner avec Benoît depuis longtemps. Il y avait eu un premier projet ensemble qui ne s’était pas fait. Et depuis le début de notre collaboration, je ne suis pas déçu !




L'histoire


Deux bourgades voisines, Charmoussey et Super Charmoussey s’affrontent chaque année autour de l’élection des Miss. Éternel perdant, Charmoussey décide d’appeler à la rescousse un enfant du pays, Franck Chevrel, interprété par Poelvoorde.
Durant trois semaines, une équipe de 70 personnes dont 40 techniciens ont œuvré à la réalisation de ce film au budget de 12 millions d’euros. Pour les besoins du tournage, quatorze camions se sont installés sur différents sites de Vuillafans : le Presbytère a été transformé en QG tandis que plusieurs lieux ont été retenus pour le tournage. De la maison de maître de l’ancienne chaudronnerie à La Résidence en passant par les rues désertes, Patrice Leconte a transformé ce charmant village de la Vallée de la Loue en un immense décor de cinéma. Pour reconstituer la bourgade de Charmoussey,
d’autres prises ont été faites à la gare de l’Hôpital des Grosbois ainsi qu’à la Vrine.

Si cette aventure cinématographique peut paraître amusante, Célestin Catanéo, maire de Vuillafans, a demandé quelques garanties à Patrice Leconte avant d’accepter sa proposition : « Je tenais à m’assurer qu’il y ait une contrepartie économique et que la population et les lieux soient respectés. Je peux aujourd’hui affirmer qu’ils ont pleinement respecté leurs engagements. » Le directeur exécutif du film, en charge des budgets a effectivement remis à la mairie une enveloppe de 3000 e en plus des frais facturés par la mairie, qui s’élevaient à 600 e.
Pour tous ceux qui n’auraient pas eu la chance de croiser les acteurs et le réalisateur dans les rues de Besançon ou sur les lieux du tournage, rendez-vous en décembre pour la sortie de la “ Guerre des Miss “ en avant-première, dans plusieurs cinémas de la région. Espérons que les travaux de l’Eldorado d’Ornans seront terminés à temps !



Comment se décide l’attribution des subventions au cinéma ?
Il y a une commission consultative composée de réalisateurs, de producteurs, d’exploitants et d’un élu, qui dispose d’un budget annuel de 700000 e. On reçoit des scénarios avec un synopsis et une note d’intention. Tout le monde les lit et ensuite il y a un vote sur chacun. Sachant qu’on soutient à la fois des long-métrages, des documentaires et des séries télévisées. Avec deux subventions distinctes : l’aide à la production et l’aide à l’écriture.

Y’a-t-il également une aide logistique ?
Oui, dans le sens où on travaille avec l’IRIM de Dole, dont le rôle a été d’accueillir l’équipe de Patrice Leconte en Franche-Comté pour les repérages. Après le tournage, l’IRIM veille à ce que les prévisionnels annoncés concernant les dépenses en région soient en rapport avec la réalité.

Michèle Antoine, conseillère de Franche-Comté, nous éclaire sur la politique de la région en matière de soutien au cinéma :

 

Quels sont les objectifs de ces subventions ?
D’abord, il s’agit de favoriser les tournages en Franche-Comté pour maintenir un emploi culturel et artistique en région et éviter aux techniciens et aux comédiens d’aller trouver du travail ailleurs. Le deuxième enjeu est économique, c’est-à-dire que chaque tournage induit des dépenses de transport, de consommation de biens sur place. Pour “ La Guerre des Miss “, 900000 e de dépense sont annoncés dans le prévisionnel. Et évidemment, un film comme celui-ci avec un fort potentiel commercial et dont tous les extérieurs sont tournés en Franche-Comté, va permettre de faire connaître la région.

En 2008, quel autre film recevra le soutien du Conseil Régional ?
Nous avons eu un autre coup de cœur. Un film de Zabou Breitman qui s’appelle « Je l’aimais », tiré du roman d’Anna Gavalda et avec Daniel Auteuil comme acteur principal. Ce film recevra lui une subvention à la production de 100000 euros

“ La Guerre des Miss “ en Franche-Comté :
150 000 euros de subvention du Conseil Régional
70 personnes dont 10 recrutées localement
500 figurants francs-comtois, dont 150 enfants
3 semaines de tournage (sur 9 au total)
Une moyenne de 16 plans réalisés par jour
2'15 rajoutées au film par jour de tournage.

La bande annonce
Plus d'infos : www.benoitpoelvoorde.be/laguerredesmiss
le 16 juin, 2008
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