BESANÇON – Incendie criminel aux Vaîtes

Dans la nuit du jeudi 1er au vendredi 2 avril, le cabanon de jardin de la présidente de l'association Les Jardins des Vaîtes a été incendié volontairement…

Cet acte d’intimidation arrive après la dernière manifestation du 27 mars qui avait rassemblé 650 personnes menées par Les Jardins des Vaîtes et Les Lentillères de Dijon, sous l'impulsion du collectif Soulèvements de la Terre.
Après des prises de paroles sur la place de la Révolution à Besançon, le cortège a effectué une percée du centre-ville à coups de slogans bien audibles : "De gré, de force, nous garderons les Vaîtes" ; "Aux Vaîtes, comme aux Lentillères, y'a rien à marchander" ; "Abandon, des écoquartiers !", pouvait-on entendre pêle-mêle. Le cortège a ensuite longé la voie du tramway jusqu'au site des Vaîtes à proximité du centre-ville. S'ensuivait alors un nouveau chapelet de prises de parole puis l'après-midi était découpé en temps de rencontres et tables rondes avec une fin festive faite de spectacles.


À PARTIR DU CONSTAT

La campagne d'actions des Soulèvements de la Terre vise à mettre fin à des terres « subtilisées » par la grande industrie. Pour les organisateurs, cela devra passer par une série « d'occupations des terres arables ». Un constat est dressé selon lequel un tiers des terrains agricoles va changer de mains d'ici dix ans. C'est la moitié des agriculteurs actuels d'ici là partis en retraite. Autant de sols pourraient ainsi finir en proie à des agrandissements de fermes agro-industrielles ou même voués à des projets d'aménagement urbains. C'est pourquoi le collectif s'est créé et espère un électrochoc.

Une synergie de luttes simultanées contre « le grossier bétonnage », celui qui altère la nature, a fait naître un collectif. Le nom fait office de générique : Soulèvements de la Terre. Au pluriel, parce que plusieurs lieux dans l'hexagone sont concernés. D'ailleurs cela dépasse des frontières françaises comme en témoignaient les représentants de la première Zone A Défendre en Suisse. La ZAD dite de la colline, dans le canton de Vaud. "Les Orchidée contre le béton armé" investissent une colline depuis cinq mois pour empêcher l'extension d'une carrière. L'acquéreur est un cimentier international.

Au regard des situations de chaque terrain à sauver, le point commun reste la volonté de protéger des sols fertiles. Mais "la composition locale n'est pas la même alors la stratégie déployée varie", convient une adhérente des Mouvements de la Terre lorsque nous l'interrogeons. Les associations locales et les habitants gèrent le champ d'actions et en décident la manœuvre. Quant à la structure collective, "elle offre une visibilité, mais n'intervient pas sur le cadre", assure l'adhérente. Dans la préservation de leurs parcelles, les agriculteurs eux-mêmes réagissent en fonction de leur spécialité de maraîcher ou d'éleveur. "Si on veut des paysan.ne.s nombreux.se.s (...) il faut bannir l'artificialisation, bannir l'accaparement", suggérait en substance la Confédération paysanne par le truchement d'un porte-parole jurassien, lors d'une salve de prises de parole en arrivant aux Vaîtes.

MAINTENIR LA VIE AUX "TERRES À USAGE POPULAIRE"

La présence de la Confédération paysanne à la manifestation aura donné une amplitude au combat mené par Les Jardins des Vaîtes qui ont déjà au demeurant contraint une suspension des travaux du projet d'écoquartier - même si la menace n'est pas évacuée - le procès se poursuit. La Confédération paysanne n'est toutefois pas sur une participation inédite pour affronter l'artificialisation, faisant office d'interface entre le vivant et son sol. "C'est le moment de reprendre en main la terre", a appuyé le collectif Soulèvements de la Terre. De quoi bien ouvrir la campagne d'actions en commençant à Besançon. C'est un point de départ symbolique à la faveur des terres proches de la pleine ville et "à usage populaire", selon la formule employée par Claire Arnoux, coprésidente de l'association Jardins des Vaîtes. Ainsi, l'étape franc-comtoise se devait d'être percutante pour allumer la mèche.

Visiblement c’est un autre feu, celui du cabanon de jardin de la présidente de l'association Les Jardins des Vaîtes, qui prouve bel et bien que le dossier est brûlant.

 

Fred D Rico, reporter en immersion

 



 

 

 

 

ARCHIVES

LA VILLE DE BESANÇON TOUJOURS EMBOURBÉE DANS LA TERRE DES VAÎTES

REPORTAGE AU COEUR DES VAÎTES

(LES VAÎTES) UN COLLECTIF DE SIGNATAIRES S'OPPOSE À UNE ÉVACUATION VIOLENTE DU SITE

BESANÇON - LE SITE DES VAÎTES ILLÉGALEMENT OCCUPÉ PAR DES MILITANTS D’EXTRÊME GAUCHE ET DES ÉCOLOGISTES EXTRÉMISTES

 

le 05 avril, 2021
Connectez-vous pour commenter