UNE MÉTHODE INFAILLIBLE EN 6 ÉTAPES POUR RÉUSSIR EN LANGUES

« Les Français sont nuls en langues étrangères ! » Voilà le genre d’affirmations toxiques qui polluent régulièrement les esprits. Nuls par rapport à quoi ou à qui ? Profitons de cette période de rentrée pour rétablir quelques vérités chiffrées...

 

Par rapport aux États-Unis où seulement 25 % de la population peut discuter dans une langue étrangère (pour l’essentiel l’espagnol), les Européens se défendent bien puisque 54 % sont capables de tenir une conversation dans une langue étrangère (généralement l’anglais). À la traîne en Europe : les Hongrois et les Hongroises sont 65 % à ne pas savoir s’exprimer dans une langue étrangère. En revanche, les sondages vérifient régulièrement qu’en Europe, les Français parlent moins bien anglais que les Scandinaves ou les Allemands, par exemple.

Commençons par une bonne nouvelle Apprendre une langue étrangère est affaire de bon sens. Vous avez du bon sens ? Vous pouvez apprendre une langue étrangère ! Comment avons-nous appris le français ? Si l’on observe comment les plus jeunes apprennent leur propre langue maternelle, on constate qu’à quelques mois déjà, bébé comprend les paroles de ses parents avant de balbutier quelques mots-clés en y mettant le ton autour d’un ou deux ans. À 2 ou 3 ans, l’enfant forme progressivement des phrases mieux construites et enrichit son vocabulaire. Ce n’est pas avant 6 ou 7 ans qu’un enfant apprend à lire, puis à écrire. En résumé, le schéma est le suivant : ÉCOUTER; COMPRENDRE ; PARLER MAL ; PARLER BIEN ; LIRE; ÉCRIRE.

Quelle que soit votre situation, que votre enfant aborde une langue étrangère à l’école primaire (voire plus tôt) ou que vous entriez au collège ou au lycée, reprenez les bases de manière structurée.

Appliquons cette méthode progressive à l’apprentissage d’une langue étrangère. ÉCOUTER des comptines, des histoires courtes, des dessins animés, les vidéos des stars du web, des chansons, des films ou des séries. Les sources ne manquent pas, à tout âge. COMPRENDRE ce que vous écoutez en commençant par écouter en VO avec le sous-titrage en français, plusieurs fois jusqu’à bien connaître l’extrait. PARLER MAL – C’est souvent là que le bât blesse. Notre timidité naturelle ou notre réserve par peur de faire des fautes nous cloue le bec. Or parler en faisant des fautes est un mal nécessaire ! Repérez les mots-clés qui vont vous permettre de vous exprimer (avec le ton). À ce stade, vous possédez déjà un kit de survie, par exemple, en anglais : « I am hungry ! Restaurant? » « I am late ! Taxi ? ». Un bon début, non ?! PARLER BIEN est une série d’empilements. Vous enrichissez votre vocabulaire en repassant par les premières étapes et en ajoutant du vocabulaire et de plus en plus d’expressions. Au bout de quelques mois (en fonction du temps que vous consacrez aux premières phases), vous voilà très à l’aise à l’oral en classe ! Bravo, ne boudez pas votre plaisir et reconnaissez que vous avez accompli d’énormes progrès. Maintenant et maintenant seulement, vous pouvez passer à la lecture et à l’écriture. LIRE et ÉCRIRE quand on prend déjà plaisir à parler une langue étrangère devient une pure formalité. Vous y passerez peu de temps. Vous pouvez reprendre vos morceaux préférés ou vos vidéos favorites en VO avec le sous-titrage en VO pour faire le lien entre l’oral et l’écrit. Attention, le sous-titrage est souvent plus concis et ne représente pas exactement les dialogues entendus.

Et pour les plus courageuses et les plus courageux d’entre vous : sachez que le Géorgien est réputé pour posséder la grammaire la plus complexe des 6 000 langues parlées dans le monde avec pas moins de sept déclinaisons. Envie d’essayer ?

Isabelle Meurville est traductrice spécialisée en énergies renouvelables et droits fondamentaux. Elle a longtemps enseigné l’anglais à un public très large de 4 ans à l’âge adulte, en cours privés, pour l’Éducation nationale et en entreprise.

www.translature.com

le 05 septembre, 2017
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