Triple infanticide à Doubs : "un déni de grossesse"

Ce mardi 14 mars, la procureure de la République de Besançon a livré un point presse...

 

Edwige Roux-Morizot a bien du travail en ce début d'année. Après l'affaire internationale de l'étudiante Narumi Kurosaki, les présumés empoisonnements d'un praticien dans deux hôpitaux de Besançon, le suicide d'une jeune fille à Pontarlier, voilà l'affaire du triple infanticide.
Lundi matin 13 mars, un homme de 36 ans est venu se présenter au commissariat de Pontarlier pour faire part de sa découverte aux enquêteurs. Une découverte macabre. En effet, dimanche, il est alerté par une odeur nauséabonde dans la salle de bain. Il explique qu'en cherchant la source de l'odeur, il tombe nez à nez devant deux sacs. Il ne les ouvrent pas mais se rend le lendemain au commissariat.

"Elle les a étouffés avec des serviettes"

Dans les sacs, sont présents trois nourrissons, dont deux jumeaux, dissimulés derrière la salle de bain, dans des combles. Sa femme était enceinte. Elle ne lui a rien dit. Quand la Police Judiciaire vient fouiller la maison, les cadavres ont été déplacés dans le garage. Les forces de l'ordre procèdent immédiatement à l'arrestation du couple et les placent, dans un premier temps, en garde à vue à Pontarlier, puis à Besançon. Les détails sont morbides, la mère de famille âgé de 30 ans a tout avoué. Sa grossesse à terme, elle a enfanté une première fois fin 2015, puis une seconde fois, de jumeaux en janvier 2016. Dans les deux cas elle a accouché seule. Les enfants n'avaient aucun problème de santé, ils étaient viables, ils criaient. Pour s'en débarrasser : "Elle les a étouffés avec des serviettes". Des autopsies sont en cours pour vérifier ces déclarations.

La procureure de la République explique que la compagne "reconnait s'être débarrassé des corps". Les explications apportées font référence à un déni de grossesse : "Elle savait sans savoir, elle voyait qu'elle était enceinte mais elle le dissimulait". Son compagnon s'était douté de son état mais elle réfutait en prétextant une prise de poids quelconque. Le contexte familiale semblait idéale : "c'était une femme qui travaillait, sans histoire et une très bonne mère" confie la magistrate. D'après les premiers éléments de l'enquête, rien ne pouvait prévoir ces actes.

A l'heure actuelle, les deux enfants du couple âgés de 3 et 7 ans "ont été récupérés par des membres de la famille". La garde à vue du père est toujours en cours et s'achèvera mercredi matin. Son sort est pour l'instant inconnu et dépend entièrement de l'enquête.

 

Maxence Cuenot

le 14 mars, 2017
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