Hélène Vignal : une artiste dans l’âme

Lorsque les travaux de l’Eglise d’Ornans ont commencé, c’est Hélène Vignal et son collègue Emmanuel Roussel qui furent retenus pour la rénovation de dix-huit tableaux et leurs encadrements. Leur travail pris cinq années. Voilà dix-neuf ans maintenant que l’Atelier d’Art d’Hélène existe à Saules. Petit portrait d’une artiste qui ne dissocie pas l’œuvre en temps qu’objet et l’œuvre en ce qu’elle porte de symboles...

 

Le cursus d’Hélène n’est pas très classique bien qu’elle ait suivi certaines sections aux Beaux-Arts comme auditrice libre en dessin et décoration. A l’origine, elle est artiste peintre. Son amour pour la restauration d’Art lui est venu " parce qu’il est très difficile de gagner sa vie avec la création. Alors, j’ai commencé d’apprendre à restaurer des œuvres avec des professeurs. J’ai également fait des stages et travaillé aux Ateliers de la ville de Paris pendant trois ans.", confie-t-elle.
Pour autant, le constat d’Hélène quant au devenir de son métier n’est pas très reluisant. " Aujourd’hui, les artistes ont perdu une bonne part des secrets d’ateliers car ces savoirs n’ont plus été transmis avec leur disparition. On essaye de sophistiquer les matières de base des tableaux et on perd en qualité. L’industrialisation a fait beaucoup de mal à ce niveau. "Effectivement, il semblerait que les tableaux du XVIIème et du XVIIIème siècle soient ceux qui posent le moins de problème à rénover. " On prend du plaisir à les restaurer car ils ont des matières très bien composées, très nobles. Ce sont des tableaux dont les toiles faisaient vraiment partie d’une œuvre. Elles étaient filées et tissées à la main, les enduits étaient travaillés longuement, les couleurs broyées. Maintenant, il faut toujours aller de plus en plus vite. Mais la qualité tend tout de même à revenir. "
Et quelle impression cela fait lorsque l’on a fini de restaurer une toile ? "On a la sensation d’avoir mis au monde un enfant. C’est un moment émouvant parce que l’on y a mis notre âme. On a essayé de lui faire retrouver sa fraîcheur, sa jeunesse. On l’a explorée donc c’est une partie de nous qui part avec".
Hélène n’en continue pas moins de peindre ses propres toiles. Ces dernières sont souvent ornées de petits poèmes pour tenter d’exprimer l’inexprimable. "Je voudrais rendre compte d’une notion du temps dont on a pas vraiment conscience. Je suis à la recherche de la raison de notre apparition. C’est mon thème de prédilection." D’ailleurs, elle a récemment écrit un manuscrit : "La porte du désert." C’est le récit autobiographique d’une âme.
Voilà un sujet bien original…
Contact : 03 81 62 28 78
Jérome Colantuono
le 01 avril, 2005
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