Un commerce équitable pour un monde plus juste

Vivre de son travail : c'est loin d'être une évidence pour des millions de producteurs dans le monde. Sur 1,3 milliard de paysans qui existent dans le monde, un milliard cultive à la main, sans animal de trait et sans machine.

50% de la population mondiale vit de l'agriculture. Dans les pays du Sud, les économies et les sociétés reposent souvent sur elle. Ce sont des équilibres séculaires. Sur quelques hectares, les producteurs combinent généralement des cultures vivrières pour leur consommation et des cultures dites “de rente” qu'ils vendront afin de générer un revenu qui couvrira les besoins essentiels de leur famille : logement, hygiène, santé, éducation…

Une concurrence déséquilibrée
Dans une économie mondialisée, la spéculation sur une matière première ou des subventions des pays riches peuvent faire chuter brutalement son cours. L'ouverture inconsidérée des marchés revient à mettre directement en concurrence un Malien travaillant à la houe avec les paysans des pays riches, en lui demandant d'être compétitif.

Bien loin de ces réalités, les petits producteurs voient parfois leur travail perdre toute sa valeur au moment de la récolte. C'est ce qui les conduit à aller grossir les bidonvilles des grandes métropoles du Sud, ou à choisir l'émigration, et à chercher un travail sans avoir de qualification.

Agir dès maintenant
Bien sûr, la solution réside dans une régulation internationale plus juste. En attendant, le commerce équitable apporte pour quelques-uns d'entre eux une solution qui leur permet de vivre de leur travail et d'envisager l'avenir à long terme.

Pour le consommateur, c'est la possibilité d'agir dès maintenant dans le sens d'un commerce plus équitable. Au plan international, c'est aussi la démonstration qu'il est possible de mettre en place un système qui permette un développement dans la durée aux producteurs les moins favorisés.

Consommation en hausse de plus de 70%
Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à plébisciter le label. La consommation de produits labellisés est ainsi passée de 70 à 120 millions d'euros entre 2004 et 2005. Des consommateurs de plus en plus nombreux qui passent aux produits équitables, c'est de plus en plus de producteurs qui peuvent vivre de leur travail comme en témoigne Victor Ferreira, directeur de l'association Max Havelaar France.

Deux producteurs témoignent :
Derrière chaque produit portant le label Max Havelaar, il y a des hommes et des femmes qui peuvent vivre dignement et durablement du fruit de leur travail. Aujourd'hui, ce ne sont pas moins de 433 organisations de producteurs réparties dans 49 pays qui sont
certifiées par Max Havelaar. Cela représente 1 million de personnes auxquelles le label garantit, entre autre, un prix d'achat décent pour qu'ils puissent respecter les droits de l'Homme et l'environnement dans leur processus de production et une prime de développement dédiée aux projets communautaires.
Du 30 avril au 15 mai, ces 9 producteurs s'attachent à expliquer au plus grand nombre comment nos achats ici changent leur propre vie là bas.

Coton
Soloba Mady Keita est producteur de coton au Mali et président du Syndicat des Paysans du Cercle de Kita (SPCK). La filière coton équitable de Max Havelaar France, la première de ce type au monde, bénéficiera à 20 000 producteurs de coton africain de 80 coopérative au terme de la saison 2005/2006.
“Chaque fois qu'un consommateur français achète un article du commerce équitable, il doit savoir qu'il a contribué à envoyer un enfant à l'école, à diminuer les peines de nos femmes rurales, à nous permettre d'accéder à  l'eau potable et à une meilleure santé. Qu'il sache aussi que nous faisons tout notre possible pour lui donner un coton de la meilleure qualité possible”.

Jus de fruits
Reginaldo Vicentim est l'un des 6 directeurs élus de la coopérative Brésilienne Coagrosol pour prendre des décisions relatives au travail de la coopérative, aux projets mis en place, etc…
Coagrosol, ou Coopérative des Agriculteurs Solidaires d'Itapolis, regroupe 48 producteurs d'agrumes.

“Pour moi et les producteurs, l'arrivée du commerce équitable à COAGROSOL en 2000 fut très importante. Il y avait une grande crise sur le marché local, les producteurs étaient sur le point d'arrêter leurs activités… ce qu'il faut retenir, c'est que sans le commerce équitable, la plupart des membres de la coopératives ne seraient plus producteurs. En ce moment, ils seraient sans aucun doute à la recherche d'un travail en ville mais sans expérience aucune…”.
 

le 01 avril, 2006
Connectez-vous pour commenter